Soudan du Sud: longue journée de négociations cruciales à Addis Abeba

Les officiels sud-soudanais à Juba, suite à un rendez-vous avec le président Salva Kiir avant son départ pour Addis Abeba en vue de discussions avec les rebelles, le 16 août 2015.
© AFP PHOTO/WAAKHE SIMON WUDU

Les discussions pour un accord de paix au Soudan du Sud se sont poursuivies jusque tard la nuit dernière, et ont continué ce lundi matin à Addis Abeba, en Ethiopie. Ce lundi 17 août 2015 marque la date limite fixée par la communauté internationale pour que le gouvernement et les rebelles se mettent d’accord, sous peine de sanctions. Mais plus le temps passe, plus l’accord tant espéré semble difficile à obtenir.

Les tensions se cristallisent autour du projet de l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), l’organe régional de médiation, qui prévoit une transition sur deux ans et demi au Soudan du Sud. Salva Kiir, le président sud-soudanais, et Riek Machar, chef des rebelles, s'accordent au moins sur un point : ils multiplient les critiques contre ce texte. En revanche, chacun des deux demande notamment plus de poids dans les futures institutions.

Difficulté supplémentaire : le président, qui avait un temps refusé de participer aux discussions, a exigé que toutes les factions rebelles soient présentes autour de la table avant de signer quoi que ce soit. Or, la semaine dernière, plusieurs chefs rebelles ont annoncé qu'ils faisaient scission avec la rébellion, mettant à jour les multiples dissensions au sein des groupes belligérants.

Ce dernier round de négociations, placé sous la houlette des organisations régionales et internationales, semble être celui de la dernière chance. Si les deux parties ne se mettent pas d’accord ce lundi, deux scénarios sont possibles : un nouveau délai, qui pourrait être accordé par les institutions internationales, ou l'échec pur et simple des négociations, ce qui forcerait à trouver de nouveaux moyens de régler le conflit, après une guerre civile qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts en un an et demi.

Quand le plus jeune pays du monde sombre dans le chaos

En juillet 2013, le président Salva Kiir, en poste depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, avait limogé celui qui est alors son vice-président, Riek Machar. Quelques mois plus tard, en décembre 2013, il l’accusait d’avoir fomenté un coup d’Etat. Le plus jeune pays du monde plongeait alors dans la guerre, deux ans seulement après la fin d’un conflit de près de 30 ans pour gagner son indépendance.

Des combats auront lieu à Juba, la capitale, entre les forces gouvernementales et différentes factions rebelles. Ils s’étendront à tout le pays, sur fond de tensions ethniques opposant les Nuers, ethnie de Riek Machar, et les Dunka, ethnie de Salva Kiir. Depuis décembre 2013, pas moins de sept cessez-le-feu ont été prononcés entre les différents belligérants. Ils n’ont jamais été respectés.

Sur place, la situation humanitaire devient de plus en plus difficile. En 20 mois, plus de 2 millions de Sud-Soudanais auraient été chassés de chez eux par les combats et les massacres à caractère ethnique. Quelque 70 % de la population auraient besoin aujourd'hui d’une assistance humanitaire, selon l’ONU. Avec les Etats-Unis, les Nations unies ont décrété des sanctions contre des chefs militaires le mois dernier, après des rapports faisant état de crimes de guerre et d’enrôlement massif d’enfants soldats.

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