Madagascar: la crise institutionnelle fait toujours tanguer le pays

Palais présidentiel d'Ambosorohitra, centre-ville d'Antananarivo.
© Bilal Tarabey / RFI

À Madagascar, la crise institutionnelle qui bloque le pays depuis des mois, entre le pouvoir présidentiel et les députés va-t-elle se terminer ? Des négociations sont en cours. En jeu : un mémorandum ou un pacte de responsabilité pour constituer une majorité parlementaire prête à suivre le président jusqu’à la fin du mandat présidentiel en 2018.

Fort de sa nette victoire aux municipales, avec plus de la moitié des mairies remportées, le camp présidentiel revendique une nouvelle légitimité. D’un autre côté, certains députés demandent des contreparties.

Pour la présidence, l’appui de l’Assemblée nationale est primordial pour mettre un terme à la crise institutionnelle et ainsi rassurer les bailleurs et faire avancer les réformes clefs. « On attend le vote de la loi de finances rectificative. Il y a aussi les lois par rapport au Sénat. Si on n’a pas une stabilité, moi je pense qu’on arrivera à rien. Donc, maintenant, il faut avancer ensemble, il faut soutenir le président dans son programme », plaide Lydia Toutoura Raharimalala, députée du HVM, le parti présidentiel.

Refléter la majorité parlementaire

Mais pour les frondeurs, l’exécutif doit impérativement apporter des contreparties, s'il veut obtenir une majorité jusqu’à la fin du mandat présidentiel. « Avec un gouvernement issu de la majorité réelle des parlementaires, il n’y aura plus de retournements de veste. C’est ça notre exigence. La configuration du gouvernement doit refléter la majorité parlementaire », explique Jean Brunelle Razafitsiandraofa, député du MAPAR.

Hier, lors d’un point presse, le président Hery Rajaonarimampianina n’a pas rejeté l’idée d’un remaniement, mais il semble préférer attendre d’avancer dans les négociations avant d’évoquer ouvertement le sujet.