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Mali ONU

Sécurisation de Kidal: Bamako froissé de ne pas avoir été informé

Des soldats de la Minusma en patrouille à Kidal, le 23 juillet 2015.
© REUTERS/Adama Diarra

Après l'annonce par la mission de l'ONU de l'installation d'une zone de sécurité autour de Kidal, le gouvernement malien a réagi dans un communiqué pour regretter dans des termes à peine voilés les conditions de l’annonce. Bamako souligne aussi que l’ONU n’a pas été très présente dans d'autres localités maliennes où les civils étaient en danger. Mais en privé, des officiels sont plus durs avec la mission de l'ONU.

« C’est par la presse que nous avons appris l’installation d’une zone de sécurité autour de Kidal », commente en privé un ministre malien. Ensuite le ton monte : « Est-ce normal ? Nous sommes quand même sur notre territoire, s’indigne-t-il. La mission de l’ONU doit en tenir compte. » En fait, explique l’interlocuteur de RFI, Bamako est tout à fait d’accord pour qu’on aide à protéger les populations civiles. Mais il fallait prévenir d’abord le gouvernement malien par voie officielle et non à travers les journaux.

Ensuite, poursuit la même source, pas question d’accepter le principe de deux poids deux mesures. On cite par exemple le cas de la localité de Goundam, où il y a quelque temps un enfant a été assassiné par des hommes armés. « Nous n’avons pas vu la Minusma aux côtés de ces populations », commente toujours le même interlocuteur membre du gouvernement malien.

Une chose est sûre : Bamako n’approuve pas à 100 % la gestion du dossier du Nord par la mission des Nations unies. L’ONU se dit impartiale. Les officiels maliens en doutent parfois. Mais on est encore loin d’une crise diplomatique ou d’une rupture, estime-t-on ici, avant d’espérer que l’actuel patron de la Minusma montre qu’il a un peu plus de poigne.


■ La CMA ne veut pas de la zone de sécurité

La Coordination des Mouvements de l'Azawad (CMA) demande à la Minusma de lever sa zone de sécurité autour de la ville de Kidal, fief des rebelles touaregs.

« Ce cordon de sécurité, non seulement il ne peut pas assurer la sécurité des populations de l’Azawad sur l’ensemble du territoire, mais en plus il peut pousser les milices à penser que nos forces sont désormais cantonnées dans un rayon de 20 kilomètres à l’intérieur de la ville de Kidal pour essayer d’avancer davantage, souligne Mossa Ag Ataher, le porte-parole de la CMA. Mais nous disons que ce cordon de sécurité ne nous engage pas et que nos forces combattantes vont assumer entièrement les responsabilités en opposant la légitime défense aux milices pro-gouvernementales et en mettant tout en œuvre pour les déloger des positions qu’elles occupent illégalement et qui reviennent de droit à la CMA. Ce que nous déplorons, c’est que ce cordon de sécurité en réalité il aurait dû être mis en place bien avant et au-delà de la région de Kidal. Malheureusement, ça n’a pas été fait et ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut prendre des dispositions de dernière minute pour essayer de cantonner nos forces dans un rayon de 20 kilomètres. Cela n’est pas une solution et nous ne le comprenons pas comme étant une alternative à la recrudescence de la violence et à la volonté des milices de faire capoter le processus des négociations et le processus de paix. »

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