Burundi: Pierre Nkurunziza investi pour un troisième mandat

Le président burundais Pierre Nkurunziza s'apprête à entrer dans le palais des Congrès de Bujumbura, pour la cérémonie de son investiture, le 20 août 2015.
© AFP PHOTO / GRIFF TAPPER

Le président burundais réélu Pierre Nkurunziza a prêté serment jeudi à Bujumbura pour un troisième mandat controversé, lors d'une cérémonie annoncée au dernier moment par souci de sécurité.

Très peu de gens étaient dans la confidence. Plusieurs représentations étrangères disent avoir été prévenues à la dernière minute par téléphone. Même les journalistes de la radio-télévision publique n'ont été informés qu'en début de matinée. Pour justifier cette accélération soudaine du calendrier, les autorités burundaises invoquent des « raisons de sécurité ».

Depuis la mort du général Adolphe, la tension est montée d'un cran dans la capitale et beaucoup de rumeurs circulaient à Bujumbura à l'approche de la date du 26 août. C'était officiellement la date limite pour cette investiture et dont tout le monde se demandait un peu quand et comment elle aurait lieu. Résultat, les autorités ont pris « tout le monde de court » résumait ce matin un observateur de la crise burundaise.

Cérémonie boudée par la communauté internationale

Aucun chef d'Etat étranger n'était présent. Plusieurs pays ont tout de même envoyé leur ambassadeur : c'est le cas notamment de l'Afrique du Sud, de la Chine et de la Russie, qui étaient même au premier rang.

Quant aux pays européens, ils avaient adopté une position commune à Bruxelles il y a quelques jours : être représentés à la cérémonie, mais pas par leurs ambassadeurs. Ils ont donc envoyé des diplomates de rang moins important. Idem pour les Etats-Unis, représentés par le numéro 2 de l'ambassade. Il faut rappeler que l'Union européenne et les Etas-Unis avaient qualifié les élections de non crédibles. Une absence remarquée en revanche : celle de l'Union africaine, qui a décliné l'invitation.

Un gouvernement d'Union ?

Dans son discours d'investiture, Pierre Nkurunziza a évoqué l'hypothèse d'une révision de l'article 129 de la Constitution, en vue de former un gouvernement d'Union. Compte tenu des résultats des législatives, la loi actuellement ne permet pas à Pierre Nkurunziza d'intégrer dans un gouvernement des personnalités issues d'un autre parti que le sien. L'article 129 prévoit également que le gouvernement doit comprendre 60% de Hutu et 40% de Tutsi, en vertu de l'accord d'Arusha.

L’opposition burundaise qui qualifie sa réélection d’« illégale » avait prévenu que Pierre Nkurunziza ne serait plus légitime une fois qu’il aurait prêté serment.