Trafic de bois de rose à Madagascar: l'inquiétude des ONG

Commerce illégal de bois de rose à Madagascar, parc national de Marojejy.
© Wikimedia Commons

A Madagascar, les organisations de protection de l'environnement tirent la sonnette d'alarme. Elles constatent une accélération du trafic de bois de rose, alors que par endroits l'espèce a quasiment disparu des forêts.

Plusieurs bateaux ont été aperçus au large des côtes au nord-est du pays, là où le trafic est le plus important. Ils sont chargés de rondins, en partance pour la Chine la plupart du temps. Mercredi, une conférence-débat était organisée et plusieurs recommandations ont été rédigées et envoyées aux autorités.

Chaque année, des sommes faramineuses s'évaporent dans le marché noir du bois de rose. La situation est préoccupante dans le district de Maroantsetra, au nord-est de la Grande Ile, où le bois de rose a pratiquement disparu : « Le trafic s’accélère à grande vitesse. D’après nos informations, il n'y a plus de bois à couper là-bas. Seulement les petites dimensions sont encore là. Donc le gros bois est déjà coupé », s'alarme Clovis Razafimalala, coordinateur de Lampogno, organisation de la société civile qui œuvre contre l'exploitation du bois de rose.

Alerter les autorités

Depuis plusieurs semaines, les autorités tentent d'effectuer un comptage des rondins de bois de rose déjà saisis, encore cachés dans la forêt ou enfouis sous terre. Les trafiquants, de leur côté, se dépêchent d'évacuer les stocks. « Ils ont peur que le bois de rose soit compté correctement. Donc pour éviter ça, ils ont essayé d’embarquer tout le bois coupé. Depuis le 15 juin, il y a toujours des bateaux » prêts à embarquer, assure le coordinateur.

Il souhaite alerter les autorités sur le pillage en cours. « Nous voulons créer une organisation indépendante chargée du ramassage de tous les stocks ». Dans le pays, la coupe, le transport et l'exportation du bois de rose sont interdits par la loi depuis 2010.