Grèce: après la démission, quel avenir pour Tsipras et Syriza ?

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, arive au palais présidentiel, le 20 août au soir.
© REUTERS/Stoyan Nenov

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras a donc donné sa démission en vue d'élections législatives anticipées en Grèce ; et cela, après la fronde d'une partie de sa majorité, vent debout contre le nouveau plan d'aide signé avec les créanciers de la Grèce. Du coup, les membres les plus radicaux de Syriza exigent du gouvernement qu'il respecte les promesses électorales de janvier 2015.

Alexis Tsipras déclare avoir fait tout ce qui est humainement possible pour convaincre les créanciers de la Grèce mais, pour une partie de l'aile gauche de Syriza, le mal est fait, le Premier ministre n'aura pas pu éviter une nouvelle cure d'austérité au pays comme il s'y était engagé en janvier 2015, et les mesures détaillées dans ce plan d'aide sont bien plus contraignantes que dans le passé.

« Hold-up »

Il y en a une quarantaine, qualifiées de « hold-up » de la part des frondeurs de Syriza, qui dénoncent d'abord une ingérence dans la souveraineté du pays à travers un fond de privatisations géré par Athènes mais supervisé par les institutions internationales ; cela a déjà commencé avec l'annonce de la vente de quatorze aéroports régionaux à l'Allemagne. Une trahison pour certains.

Grogne

Il y a aussi la réfome des retraites et du marché du travail, tout cela passe très mal auprès de l'électorat de gauche. Sans compter les promesses sur les impôts et les taxes qui ne devaient pas plus augmenter. La hausse de la TVA, notamment, risque de cristalliser la grogne ces prochaines semaines. La taxe sur la viande qui est passé de 13 à 23 % mobilise déjà les agriculteurs qui représentent un corps électoral important qui pourrait peser lors de ces élections anticipées. Alexis Tsipras le sait, mais il est prêt à prendre ce risque.

Nouveau groupe parlementaire

La grogne est telle au sein de la gauche radicale que 25 députés dissidents de Syriza ont annoncé, ce vendredi, leur intention de former un groupe parlementaire nommé « Union populaire ».

Ce nouveau groupe est dirigé par l'intransigeant Panagiotis Lafazanis, 63 ans, ex-ministre de l'Environnement et de l'Energie qui a perdu son portefeuille lors d'un remaniement ministériel en juillet après s'être opposé avec d'autres députés de son parti à l'accord passé entre Athènes et l'UE.