Procès Chebeya: «preuves» insuffisantes contre le principal accusé

Le colonel de police Daniel Mukalay (à gauche) est le principal suspect du procès Floribert Chebeya. Quatre autres policiers sont également poursuivis dans cette affaire.
© AFP PHOTO / GWENN DUBOURTHOUMIEU

En République démocratique du Congo (RDC), le procès en appel des assassins présumés du défenseur des droits de l'homme, Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Babala se poursuit. Après le réquisitoire la semaine dernière, c'était au tour des avocats des cinq policiers accusés, de plaider.

Leurs avocats ont tenté hier de convaincre la cour que le principal accusé, ex-numéro 2 des services de sécurité, Daniel Mukalay est innocent, faute de preuves. L'inspecteur principal avait-il un problème particulier avec Floribert Chebeya ? Avait-il un mobile pour l'assassiner ? A ces deux questions, l'avocat du principal accusé, Daniel Mukalay répond non.

Pendant plus d'une heure, son défenseur a tenté de convaincre la cour qu’il n'avait aucune raison de vouloir tuer le militant des droits de l'Homme. Son seul rôle était celui d'organiser une rencontre entre Floribert Chebeya et le chef de la police de l'époque, John Numbi.

« Je demande la justice »

Qui a tué Floribert ? Comment a-t-il été tué et pourquoi ? Pour les avocats de la défense, ces questions restent sans réponse à ce jour. Impossible aussi de définir avec précision les chefs d'inculpation à retenir. S’agit-il d’une association de malfaiteurs ? Pour les avocats de la défense, aucun élément ne prouve que la fréquence des rapports entre les prévenus avait pour but d'organiser un crime. S’agit-il alors d’un assassinat ? Aucun élément ne permet de prouver que Daniel Mukalay a tué Floribert Chebeya de sa main. Mais qu'en est-il alors du témoignage du chauffeur qui incrimine directement l'accusé ?

A l'issue de cette journée, la sœur aînée du défenseur des droits de l'homme assassiné quitte la salle d'audience en soupirant. Sur son tee-shirt bleu, on peut lire : « Je demande la justice ». Le ministère public a requis la perpétuité à l'encontre des cinq prévenus, trois sont en fuite depuis 2011. La prochaine audience est prévue lundi avec la suite des plaidoiries de la défense.

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