RCA: violences religieuses meurtrières à Bambari

Une patrouille française dans les rues de Bambari, le 15 mai 2015.
© AFP PHOTO/PACOME PABANDJI

A Bambari, des violences communautaires ont opposé chrétiens et musulmans ces 20 et 21 août. Le bilan est lourd : plusieurs morts et un humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge poignardé alors qu'il allait récupérer des victimes.

Les violences communautaires ont fait une dizaine de morts et près d'une dizaine de blessés dans la ville de Bambari, dans le centre de la République centrafricaine. Jeudi, un musulman aurait été abattu sur l'axe Bambari-Simbolo, ce qui a mis le feu aux poudres dans cette ville symbole des tensions communautaires pendant la crise.

Selon plusieurs habitants contactés sur place, une frange radicale de jeune musulmans, qui ne sont pas des ex-rebelles de la Seleka, auraient voulu se venger et ont commencé à massacrer des habitants chrétiens.

Alors que des humanitaires du Comité international de la Croix-Rouge, le CICR, venaient récupérer des corps de victimes, ils ont été attaqués par ces mêmes jeunes. Le chef de la sous délégation du CICR à Bambari a été poignardé, mais ses jours ne sont pas en danger, affirme le porte-parole de l'organisation. Plusieurs volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine ont également été passés à tabac. Les deux structures n'ont pour l'instant pas décidé quelles allait être leurs réactions faces à ces attaques.

« On a pas vu venir cet incident »

Germain Mwéhu, le porte-parole du CICR en Centrafrique, confesse que ces violences sont inattendues. « Le CICR est présent à Bambari depuis plusieurs mois et mène plusieurs activités, que ce soit dans le domaine de la sécurité économique ou le domaine de la santé, et notre présence n’a jamais été remise en cause, rappelle le responsable de la Croix-Rouge. On a de bonnes relations, de bons contacts avec toutes les parties impliquées dans les conflits et la violence. Les choses se passent normalement. On a pas vu venir cet incident. On espère que c’est un incident isolé. »

Pour le moment, le CICR attend d’avoir plus d’éléments avant de prendre des décisions. « Nous sommes en train d’analyser la situation pour essayer de savoir qui est à l’a base de cette situation d’abord, quelles sont les raisons derrière cet incident. A partir de là nous allons évaluer quelle sera la suite et la forme de nos opérations dans la région de Bambari et principalement nos activités en rapport avec l’évacuation des blessés et des corps sans vie. Mais à ce stade, on est encore en train d’analyser la situation, concède Germain Mwéhu. Dés qu’on aura compris les tenants et les aboutissants, nous allons prendre des décisions. »

Vendredi, la tension restait vive. Des barricades ont été érigées par la population chrétienne pour empêcher les musulmans de revenir dans certains quartiers.