RCA: l'ONU sanctionne un marchand de diamants et 3 miliciens

Des soldats rwandais de la Minusca patrouillent à Bangui.
© AFP PHOTO / Pacome PABANDJI

Trois nouveaux noms ont été ajoutés à la liste des personnes qui compromettent la paix en Centrafrique par le comité du Conseil de sécurité de l'ONU. D'après l'ONU, elles menacent la transition politique, notamment la tenue d'élections démocratiques. Elles sont désormais sous le coup de sanctions, notamment d'interdiction de voyager et le gel de leurs avoirs.

Parmi les trois nouvelles personnes sanctionnées, Alfred Yekatom, le chef des milices présentes dans le quartier PK 9 de Bangui et dans plusieurs autres villes du pays. Il commandait aussi des hommes à une douzaine de points de contrôle et imposait des taxes illégales aux véhicules.

Les sanctions concernent également Habib Soussou, un commandant de la zone de Boda, à 180 kilomètres au sud-ouest de Bangui. Depuis sa nomination, des organisations humanitaires et leurs équipes ont été victimes de meurtres ciblés, d'affrontements et d'attaques commis par les anti-balaka dans les secteurs sous son commandement

Trafiquant de diamants

Le comité des sanctions de l'ONU a également émis une interdiction de voyager et un gel des avoirs à l'encontre d'un ancien chauffeur d'une entreprise de diamants, Oumar Younous. Devenu général de l'ex-Seleka et trafiquant de diamants, il a d'après le Conseil de sécurité de l'ONU, « soutenu un groupe armé grâce au commerce de diamants».

Enfin à cette liste, le comité du Conseil de sécurité a également ajouté la société de diamant BADICA. Cette entreprise a fourni un appui financier à l'ex-Seleka et aux forces antibalaka, grâce notamment au commerce illicite de diamants et d'or. Le Conseil de sécurité de l'ONU avait décrété en mai 2014 des sanctions similaires contre notamment l'ex-président François Bozizé.


A Bangui, la justice de nouveau mise à mal

Le secrétaire général du KNK, le parti de l'ex-président François Bozizé, en garde à vue depuis six jours pour des propos jugés « incitant à la haine », a été libéré par des militants alors qu'il était auditionné au tribunal de grande instance de Bangui.

Après six jours de garde à vue, Bertin Béa s'est vu notifier par le juge d'instruction son mandat de dépôt. En apprenant la nouvelle, les militants réunis à l'extérieur du palais de justice ont tenté, selon le procureur de la République, de pénétrer dans le tribunal. « Pendant qu'il était auditionné jeudi après-midi au tribunal de grande instance de Bangui, plusieurs individus en moto munis d'armes sont arrivés, ont assiégé le tribunal avant de jeter une grenade lacrymogène dans le cabinet du juge d'instruction, le faisant sortir à toute vitesse. Et ils ont libéré Bertin Béa », selon une source proche du Parquet. Ce que démentent fermement les partisans du KNK.

« Inertie complice des forces de sécurité »

Alors que la situation devenait de plus en plus tendue, la Minusca a décidé de l'exfiltrer le procureur, en abandonnant le prévenu Bertin Béa dans le tribunal. « Ils ont fait usage de gaz lacrymogène contre les manifestants civils. Ils sont entrés dans le bureau du doyen des juges d’instruction où monsieur Bertin Béa était en train d’être interrogé. Maintenant, au lieu de prendre Bertin Béa, ils ont seulement récupéré le doyen des juges d’instruction et le procureur de la République, ils les ont exfiltrés et ils sont partis. Monsieur Bertin Béa, il était abandonné dans le bureau du doyen des juges d’instruction », a expliqué un militant s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Contacté par téléphone le procureur de la République n'a pas de mots assez fort pour « condamner l'inertie complice des forces de sécurité centrafricaines qui n'ont pas rempli leur devoir », en abandonnant un prévenu à l'intérieur du tribunal. Bertin Béa le principal intéressé confie avoir été récupéré par des militants peu après le départ en catastrophe de tous les policiers et militaires du palais de justice. Selon des sources au ministère de la Sécurité, des tractations seraient en cours pour faire évoluer le mandat de dépôt en simple remise en liberté sous contrôle judiciaire pour tenter de désamorcer la situation.

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