Gabon: la saison sèche, printemps de l’amour

Pour les Gabonais, la saison sèche, c’est le printemps de l’amour.
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Au Gabon, c'est la saison sèche. Il fait un peu plus frais que d'ordinaire. Pour les Gabonais, c'est le printemps de l'amour et, parmi les conséquences, ce sont aussi les grossesses parfois non désirées à la rentrée. Comment les Gabonais vivent-ils cette saison ? Tout d’abord, ils l’évoquent avec beaucoup de rires.

A la question de savoir pourquoi beaucoup de femmes tombent enceintes après la saison sèche, un quadragénaire est mort de rire.

En tout cas, il n'est pas le seul à être gêné à l'idée d'évoquer ce sujet tabou. Mais en creusant un peu, malgré la tendance conservatrice des Gabonais, tout le monde se lâche lorsqu’on leur pose la même question.

« Cette fraîcheur est très forte ! Et c’est ce qui fait que les femmes et les hommes ne peuvent pas supporter de dormir sans s’accouder », explique un homme.

« Enfin il fait frais ; les amoureux se rapprochent davantage », dit à son tour une femme. Une idée que vient confirmer une autre femme, qui explique pour sa part que pendant la saison fraiche, il fait froid et qu'il « faut bien que chacun se rapproche de l’autre, hein ! »

« Les couettes, les radiateurs, ça c’est en Europe. Nous sommes en Afrique. La meilleure couverture, c’est la " petite " », plaisante à son tour un homme.

« En hiver, chacun aussi a besoin de sa chacune », tranche de son côté un autre Gabonais interrogé par RFI.

Les femmes, de leur côté, sont de plus en plus belles et même aguichantes. « Il n’y a pas de soleil, donc on a tendance à se foncer le teint », explique une passante.

« Mon grand-père disait souvent qu’il a dragué ma grand-mère pendant la saison sèche, parce que c’est à la saison sèche que l’on voit la belle femme », croit se souvenir une Gabonaise.

Mais le charme ne doit cependant pas faire oublier que « le SIDA est là », rappelle Alexis Nguema Obame, directeur général adjoint de la lutte contre le SIDA.

« Malgré les vacances, malgré le changement d’heure, le VIH est présent. Il ne va pas en vacances… Et donc, nous devons nous préserver et nous prémunir d’éventuelles contaminations en utilisant le préservatif », tient à souligner Alexis Nguema Obame.

Au Gabon, la prévalence du SIDA est passée de 7,2 au début des années 2000 à 4,1 % actuellement. Cependant, le danger reste permanent. Prudence donc, pendant la saison sèche.