Sénégal: le parti de Wade se déchire sur l’avenir sans Karim

Abdoulaye Wade et son fils Karim, en 2008, lors d'une visite officielle.
© AFP Photo/Georges GOBET

Quel avenir aujourd'hui pour le Parti démocratique sénégalais ? Au lendemain de la confirmation par la Cour suprême de la condamnation de Karim Wade à six ans de prison pour enrichissement illicite, la question est sur toutes les lèvres au PDS. La ligne officielle du parti est de maintenir la candidature du fils de l’ancien président sénégalais à la prochaine présidentielle, mais les voix discordantes se multiplient.

« Le combat continue. Karim Wade reste notre unique candidat », affirme Babacar Gaye, porte-parole d'Abdoulaye Wade. Officiellement, donc, le Parti démocratique sénégalais ne baisse pas les bras. Mais Karim Wade est en prison. Et, jeudi, la Cour suprême du Sénégal a rejeté l'ensemble des pourvois en cassation portés par l'ancien ministre et fils de l'ancien président sénégalais, confirmant ainsi sa condamnation à six ans de prison pour enrichissement illicite.

Mais cette position officielle ne fait pas l'unanimité. Dès le début d'année déjà, des figures du PDS ont quitté le parti, par manque de consensus autour de la personnalité de Karim Wade, désigné candidat du PDS en mars dernier. En mai, l'ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, a ainsi claqué la porte du PDS pour créer son propre parti.

La fronde monte au sein du PDS

Les plus sceptiques sur la candidature de Karim Wade réaffirment aujourd'hui que le parti doit se réorganiser. A l'image d'Aïda Mbodj, député originaire de Bambey qui ne cache pas ses ambitions. « Si on veut un parti fort, il faut renouveler les instances et élire les hommes qu'il faut, à la place qu'il faut », argue-t-elle.

Au sein du PDS, d'autres voix prônent la tenue d'un nouveau congrès, au cours duquel « il faudrait redistribuer les cartes : nommer un secrétaire général d'une part et, d'autre part, un candidat à la présidentielle », suggère un cadre du PDS interrogé par RFI. Celui-ci peste également contre les effets nocifs de la gestion du parti comme « une entreprise familiale ».