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RCA Seleka

RCA: après les violences, forte présence de l'ex-Seleka à Bambari

Des soldats de l'ex-Seleka en patrouille, près de Bambari, en mai dernier.
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

En Centrafrique, à Bambari, dans le centre du pays, le calme revient peu à peu. Depuis jeudi dernier, de violents affrontements communautaires ont secoué la ville. Lundi 24 août, une réunion de médiation a eu lieu à l'hôtel de ville. Autour de la table, des ministres venus de Bangui, la Minusca, des leaders religieux, des chefs de l'ex-Séléka mais pas d'anti-balakas. Depuis, plus de combats mais une présence de l'ex-Séléka qui se fait de plus en plus importante dans les rues.

Dimanche 23 août, Bambari était coupée en deux au niveau de la rivière Ouaka qui partage la ville. Les anti-balaka à l'ouest, les ex-Seleka à l'est. Suite aux affrontements, les anti-balaka ont déserté leurs positions. Désormais, l'UPC, la branche de l'ex-Seleka commandée par le général Ali Darass, contrôle les trois entrées de la ville.

En temps normal, la Minusca a une stratégie de synergie avec les groupes armés. Mais l'une des cadres de la force de l'ONU le reconnait, la situation est complexe. Du fait de la dispersion des anti-balaka, il est devenu difficile de dialoguer avec la milice chrétienne. Diane Corner, représentante spéciale adjointe de l'ONU en Centrafrique, reconnaît que la situation est « plutôt stable » mais « très tendue » à Bambari. Elle appelle donc les uns et les autres à « cesser le conflit, de reprendre le chemin de la paix et de s’impliquer dans le processus politique, dans le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration. »

Au sein des deux communautés, on reconnait que le contingent congolais de la Minusca a bien du mal à assurer seul la protection des civils. Des patrouilles continuent de circuler mais selon une source humanitaire, c'est bien l'UPC qui contrôle actuellement Bambari.

Pour un autre humanitaire, cette présence de l'UPC ne rassure pas les populations qui ont fui la ville depuis ces derniers jours. Selon lui, ils sont des milliers à avoir fui en brousse ou à s'être massés vers les camps de la Minusca en dehors de la ville. « On se retrouve maintenant avec des poches de plusieurs centaines, voire quelques milliers de déplacés, qui sont en attente de nouvelle réponse humanitaire par rapport à leurs besoins essentiels », déplore Jean-François Sangsue, le chef de délégation du CICR pour la Centrafrique.

Il craint une nouvelle spirale de violences qui plongerait les réfugiés dans la tourmente. « Tout doit être entrepris pour que les civils, qui ont déjà subi tant de conséquences néfastes des affrontements et problèmes qu’a connu Bambari et la région depuis maintenant plus d’une année, ne retombent pas dans le même cycle de revanches et de violences. »

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