Burundi: un gouvernement composé de fidèles et de «durs» du régime

Quelques jours après son investiture, le 20 août dernier, Pierre Nkurunziza a formé un gouvernement principalement composé de fidèles.
© AFP PHOTO / LANDRY NSHIMIYE

Le président Pierre Nkurunziza a nommé le premier gouvernement de son troisième mandat. Le nouveau gouvernement a été dévoilé sur les ondes de la RTNB lundi 24 août dans la soirée. Une annonce faite en catimini, cinq jours après l'investiture du président Nkurunziza. Les 20 membres du gouvernement ont prêté serment mardi matin au palais des Congrès de Kigobe, à Bujumbura. Même si cinq ministres partisans d’Agathon Rwasa ont fait leur entrée, l'équipe de Pierre Nkurunziza est largement composée de fidèles et dominée par des «durs» du parti au pouvoir.

Le nouveau gouvernement est surtout marqué par le retour d’Alain-Guillaume Bunyoni au ministère de la Sécurité publique. Secrétaire permanent du Conseil national de sécurité, le commissaire Bunyoni avait déjà occupé ce portefeuille entre 2007 et 2011.

Acteur clé du système sécuritaire du régime, il est considéré comme l’un des deux hommes les plus influents du régime, au côté du général Nshimirimana, assassiné le 2 août à Bujumbura. Pour un diplomate occidental, à Bujumbura cette nomination signifie que « c’est la ligne dure et le passage en force qui ont prévalu ».

Autre entrée dans le gouvernement à noter, celle de la nouvelle ministre de la Justice, Aimée-Laurentine Kanyana, une juge de la Cour constitutionnelle qui a autorisé le président Nkurunziza à briguer un troisième mandat. « Pierre Nkurunziza est en train de récompenser ceux qui lui ont permis de prendre le pouvoir en violation de la Constitution », commente Jérémy Minani, membre du Cnared, formation opposée au troisième mandat du président. Il considère cette nomination comme une « provocation ».

Ce nouveau gouvernement voit aussi l’arrivée de cinq ministres partisans d’Agathon Rwasa, principal opposant au président Nkurunziza, devenu premier vice-président de l'Assemblée. Des pro-Rwasa qui récupèrent des ministères d'importances secondaires.