Accord de paix au Soudan du Sud: l'ONU met la pression sur Salva Kiir

Le président sud-soudanais Salva Kiir, à Nairobi, le 11 mai 2014.
© REUTERS/Thomas Mukoya/Pool

Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir doit signer mercredi 26 août l'accord de paix avec les rebelles, à l'occasion d'un mini-sommet qui réunit à Juba les dirigeants du Kenya, de l'Ouganda, du Soudan et de l'Ethiopie. La semaine dernière, seule la rébellion de l'opposant Riek Machar a signé le document. Le président Salva Kiir avait obtenu un délai afin de consulter ses partisans. Mardi, les Nations unies ont élevé la voix. Le Conseil de sécurité a affirmé qu'il «agira immédiatement» si le président Salva Kiir ne signe pas l'accord de paix, «ou s'il signe en émettant des réserves».

La déclaration du Conseil de sécurité fait suite à la présentation d'une ébauche de résolution de la part des Etats-Unis. Une résolution qui prévoit un embargo sur les armes ainsi que des sanctions ciblées à l'encontre du Soudan du Sud si le président Salva Kiir ne signe pas l'accord de paix.

La Russie, la Chine et plusieurs pays africains ont déjà émis des doutes sur cette proposition. Pour un représentant russe à New York, une telle résolution sera inutile si l'accord de paix est signé par le président sud-soudanais dans la journée.

Pour l'envoyée spéciale des Nations unies au Soudan du Sud, cet accord de paix ne reste cependant qu'un premier pas pour mettre un terme à la guerre civile. « La paix, la stabilité et la prospérité n'arriveront pas au Soudan du Sud du jour au lendemain », a-t-elle souligné devant le Conseil de sécurité.

La situation humanitaire reste très préoccupante dans le pays. Depuis le début du conflit il y a 20 mois, plus de deux millions de personnes ont été chassés de chez eux. L'ONU estime qu'aujourd'hui, 70% de la population sud-soudanaise a besoin d'une assistance humanitaire.


■ Les réserves du président Machar

Le chef de l'Etat sud-soudanais avait demandé à la communauté internationale un délai supplémentaire avant de signer, pour mener des consultations dans son pays sur certains points qui posent encore problème dans le texte. Ce dernier prévoit une transition sur 30 mois, et un gouvernement à responsabilité partagée entre le gouvernement actuel et les rebelles. Les réserves du camp présidentiel, le ministres des Affaires étrangères Barbana Hassial les explique sur RFI :

« Il y a plusieurs problèmes, dit-il, comme la démilitarisation de la capitale Juba, et aussi, surtout, le fait que 90 % des groupes rebelles ont rejeté le leadership de Riek Machar. Ils ne sont plus sous ses ordres. Donc, s'ils continuent à prendre position, ils n'écouteront plus ses ordres. Et si nous signons cet accord, ils continueront quand même à attaquer les forces gouvernementales.

Cela fait partie des choses qui nous inquiètent. Le fait que le gouvernement discute avec Riek Machar est le signe que nous avons accepté de travailler avec le mouvement rebelle durant la transition. Mais la structure du futur gouvernement est une autre réserve importante que nous avons sur cet accord, et qui pourrait causer beaucoup de problèmes dans on application. »