e-santé, e-éducation: de nouveaux champs de coopération indo-africaine

Architecture du dispositif du « Réseau pan-African des services en ligne »
© TCIL

La coopération numérique entre l’Inde et l’Afrique connaît un essor important, avec l’installation d’un réseau électronique panafricain des services en ligne. Ce réseau qui devrait desservir à terme les 54 pays du continent veut combiner le meilleur du savoir-faire indien avec les besoins réels des pays africains en matière de médecine, d’enseignement et de commerce.

L’idée en avait été lancée en 2004 par le président indien Abdul Kalam, récemment disparu. Les ingénieurs indiens ont transformé le souhait présidentiel en réalité. Scientifique de formation, celui qu’on appelait le « père de la bombe atomique indienne », avait à cœur l’intensification de la coopération entre les Etats africains et son pays. Kalam estimait que c’est dans les secteurs tels que l’informatique et la médecine dont les succès ont fait la réputation de l’Inde, que celle-ci pouvait concurrencer efficacement l’autre géant asiatique, particulièrement bien implanté en Afrique grâce à ses grands projets d’infrastructure.

Le président Kalam a soufflé aux dirigeants indiens l’idée de mettre en place un réseau pan-africain de services en ligne pour faire de la télé-médecine, le télé-enseignement et pourquoi pas aussi à terme, le commerce électronique.

Fleuron de la coopération indo-africaine

Depuis, l’idée a fait son petit bonhomme de chemin, avant d’être reprise sérieusement par l’exécutif indien. Celui-ci l’a ajoutée dans sa liste de projets de coopération présentée lors du premier Sommet Inde-Afrique qui s’est tenu à New Delhi, en 2008. Accueilli avec enthousiasme par les partenaires africains, le « Pan-African e-network project » est devenu au cours des années l’un des fleurons de la coopération indo-africaine.

Son installation n’est pas encore terminée, mais ce programme qui est doté d’un budget de 125 millions de dollars et piloté par la Telecommunications Consultants India Limited (TCIL), a mis en réseau une quarantaine de pays qui bénéficient déjà des consultations en télémédecine ainsi que des formations diverses par téléenseignement. Ces services s’appuient sur un réseau de communication par satellite et par fibre optique. La liaison passe par les satellites géostationnaires indiens. L’Inde s’est par ailleurs engagée à fournir et à installer les équipements et les logiciels, assurer la connectivité et le suivi du fonctionnement du réseau dans les pays utilisateurs sur une période initiale de cinq ans.

Le déploiement des services de consultations médicales à distance tout comme les sessions de téléenseignement ont commencé en 2009. Dans un premier temps, 12 grands hôpitaux spécialisés pour les consultations à distance et sept universités pour le téléensignement ont été sélectionnés en Inde.

Du côté africain, cinq universités ont été choisies pour abriter les infrastructures électroniques nécessaires à l’organisation des sessions de formation à distance. Enfin, cinq hôpitaux africains ont été nommés pour servir d’interface en matière de consultation en télémédecine. Parmi ces hôpitaux qui ont accepté de jouer le jeu, il y a le centre hospitalier Fann de Dakar et le CHU de Yaoundé. Dakar est une plateforme importante dans le dispositif mis en place pour le programme panafricain des services en ligne puisque cette ville accueille la station terrienne (« hub ») à laquelle les centres des données en Inde sont reliés par des câbles sous-marins.

Des vies sauvées

L’Apollo Hospitals de Chennai (ex-Madras), l’un des plus importants groupes hospitaliers privés de l’Inde, a été pionnier dans la pratique de la télémédecine avec des patients en Afrique.

« Nous travaillons avec 48 Etats africains dans le cadre du programme panafricain des services en ligne, explique Kevan Devasia, coordinateur des services de télémédecine d’Apollo. Les patients qui nous consultent par ce biais proviennent entre autres du Sénégal, du Cameroun, du Rwanda, de l’île Maurice et de la Zambie. Les patients demandent des diagnostics notamment en orthopédie, dermatologie ou en urologie. Les demandes sont particulièrement fortes en neurologie. »

L’Apollo assure également des formations médicales en anglais et en français à l’intention des infirmières et des assistants médicaux dans les hôpitaux africains. Un total de 4 500 heures de formation spécialisée ont été dispensées depuis 2009 par les 12 grands hôpitaux indiens mobilisés dans le cadre du réseau panafricain de services en ligne. A la formation s’ajoutent, les 500 sessions de consultations médicales à distance, dont 200 au bénéfice des patients et praticiens du CHU de Dakar. « Ces consultations ont permis de sauver de nombreuses vies », soutient le docteur Devasia des hôpitaux Apollo. 

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