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RDC

RDC: des enfants soldats quittent les rangs du FPRI en Ituri

Un jeune combattant FRPI patrouille dans le sud de l'Ituri, le 26 juillet 2006.
© AFP PHOTO / LIONEL HEALING

Voilà un peu plus de trois mois que l’armée congolaise et les casques bleus mènent une opération conjointe dans le nord-est du pays pour venir à bout d’un groupe armé actif depuis près de 15 ans dans cette zone, le Front de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI).Or l’un des effets positifs de cette offensive, selon la Mission de l’ONU au Congo (Monusco), c’est la libération d’enfants soldats qui profitent des combats pour fuir le groupe armé.

Depuis janvier, 113 enfants ont réussi à quitter le groupe armé toujours actif en Ituri,
soit un quart environ des mineurs qui remplissent toujours les rangs des combattants du FRPI. Fin août, 25 enfants recrutés de forces par le groupe armé ont réussi à fuir. Des départs qui se font au compte-gouttes mais qui pour la Monusco font preuve d’une tendance encourageante.

A en croire les Nations unies en RDC, c’est mieux que les années précédentes. Les enfants sont encouragés à rendre les armes à la suite des offensives menées conjointement par l’armée congolaise et les casques bleus en janvier et depuis juin dernier. « Les enfants profitent des opérations militaires, lorsque la structure de commande des FRPI est désorganisée. Ces enfants en profitent pour sortir des groupes armés, profitent d’une opportunité pour s’enfuir soit à la Monusco ou auprès d'autres associations locales qui peuvent les prendre en charge », déclare Laurent Sam Ousso, chargé de l’information de la Monusco à Bunia.

La prise en charge, c’est là que se trouve tout le défi ensuite pour éviter que ces enfants ne retournent dans le groupe armé faute de mieux. Entre le 13 et le 22 juillet, 12 cas d’enlèvements d’enfants ont ainsi été signalés dans la zone d’action des FRPI. Ces mineurs servent pour l’essentiel de combattants, mais aussi de porteurs, cuisiniers ou gardes du corps. Et ce malgré des campagnes de sensibilisation répétées dans la région.

Près de 35 % des 1 000 à 1 200 combattants des FRPI actifs en Ituri depuis le début des années 2 000 seraient des enfants, selon des estimations de la Monusco.


La situation sécuritaire continue à se dégrader en Ituri

L'offensive de l’armée congolaise et des casques bleus avait été très médiatisée par la mission de l'Onu au Congo à son démarrage, mais plus de trois mois après la population et les humanitaires s'inquiètent de l'absence d'amélioration de la situation sécuritaire pour les civils sur le terrain.

Du côté de la force armée des Nations unies on avance des pertes sans précédent subies par les FRPI : 40 % de leurs combattants désarmés ou tués et depuis trois mois, une pression militaire inédite au sol et dans les airs.

Des pertes, mais pas de vrai changement. A part Cobra Matata, aucun chef du Front de résistance patriotique de l'Ituri n’a été arrêté, aucune arme lourde saisie et le groupe armé actif depuis plus de dix ans dans le sud Irumu garde toute sa capacité de nuisance.

Un double échec

En clair, les viols, pillages, meurtres et enlèvements n'ont pas cessé. Ils ont même augmenté comme le signalent la population et les organisations humanitaires, de plus en plus visés par des coupeurs de route. Car depuis l'offensive, le groupe s'est dispersé dans la brousse et attaque là où il peut pour se ravitailler ou se nourrir. Les violations des droits de l'homme auraient donc augmenté de 16%, selon des estimations de la Monusco.

Pour la population de la région, c'est donc un double échec : les négociations autour d'un désarmement menées en juin et l'opération militaire. Aucune de ces deux options n'a permis à ce jour de mettre fin à long terme à ce groupe armé né des conflits interethniques de l'Ituri dans les années 2000.

Pour une solution politique

En réalité, la principale difficulté réside dans la nature même du FRPI. Un groupe armé issu de la population de la région. Dans ce contexte, difficile de dénoncer un combattant quand il s'agit d'un frère, d'un voisin ou d'un homme armé qui viendra vous tuer si vous parlez.

De plus en plus de voix plaident pour la recherche d'une solution politique. Une solution qui offre autre chose que le seul désarmement forcé, comme des opportunités économiques par exemple, dans une région dépourvue de toute industrie organisée.
 

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