Algérie: arrestation du général Hassan, ancien chef du renseignement

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika (c.) en compagnie de A. Gaid Salah (g.), chef d'état-major des armées, et du Premier ministre A. Sellal (d.) . Depuis quelques mois, des bouleversements ont lieu au sein des services de sécurité algériens.
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En Algérie, un ancien patron des services de renseignement a été arrêté. Son interpellation remonterait à jeudi dernier selon la presse algérienne, mais il a fallu plusieurs jours pour la confirmer. Il s'agit du général Abdelkader Aït-Ouarab, dit Hassan. Le général Hassan a incarné pendant près de 20 ans la lutte implacable de l'armée algérienne contre les groupes islamistes armés.

Le général Hassan avait été mis à la retraite fin 2013 comme plusieurs autres responsables des services de renseignement. À l'époque, il était à la tête de la direction de la lutte antiterroriste au sein de la très redoutée direction du renseignement et de la sécurité (DRS). Et depuis, selon la presse algérienne, il était dans le collimateur de la justice militaire, placée sous contrôle judiciaire.

Cette fois, le général Hassan a bel et bien été arrêté, il aurait même selon le quotidien El Watan déjà été transféré à la prison militaire de Blida, à une cinquantaine de kilomètres au sud d'Alger. Ses partisans parlent d'un règlement de comptes. Mais certains médias algériens assurent que les charges qui pèsent contre l'ancien homme fort des services sont sérieuses : détentions d'armes, rétention d'information et insubordination.

Bouleversements au sein des services de sécurité

Cette arrestation fait suite à de nombreux bouleversements au sein des services de sécurité. Fin juillet, les patrons de la sécurité intérieure, de la sécurité présidentielle et de la garde républicaine ont tous les trois été remplacés. Mais depuis plus d'un an, ce sont les services secrets qui ont été le plus touchés, au point que certains observateurs y voient une guerre d'influence.

Mises à la retraite, limogeages, et même, donc, poursuites judiciaires contre certains anciens responsables, le tout s'accompagnant d'une réforme impulsée par la présidence : ces services ayant perdu de nombreuses prérogatives comme, entre autres, la lutte contre la corruption;