Afrique du Sud: Jacob Zuma échappe à une nouvelle motion de censure

Le président sud-africain Jacob Zuma
© Reuters/Nic Bothma/Pool

Le président sud-africain Jacob Zuma a échappé à une motion de censure, la deuxième cette année. La motion a été rejetée par 211 députés contre et 100 pour, le parti au pouvoir étant largement majoritaire au Parlement. Le principal parti d'opposition, l’Alliance démocratique, réclamait la destitution du chef de l’Etat, qu’il accuse d'avoir sciemment laissé le président soudanais Omar el-Béchir échapper à la justice sud-africaine lors de sa venue pour le sommet de l’Union africaine, en juin dernier.

C’est la deuxième fois cette année que le président Zuma fait face à une motion de censure. Le principal parti d’opposition veut qu’un comité examine si le chef de l’Etat est apte à exercer ses fonctions.

L’Alliance démocratique estime qu’il a violé la Constitution, en laissant le président soudanais Omar el-Béchir quitter le territoire sud-africain malgré une interdiction de justice. La motion de censure n’avait aucune chance de passer, le parti au pouvoir étant largement majoritaire au Parlement. La motion a été rejetée par 211 voix contre et 100 pour.

Pour l’ANC, il s’agit d’une perte de temps. Mais Mmusi Maimane, chef de l’Alliance démocratique, a insisté sur la nécessité d’un débat et a appelé les députés à voter avec leur conscience.

« Plus de 400 000 hommes, femmes et enfants ont été tués lors du génocide au Darfour. La Cour pénale internationale a estimé qu'il y avait de bonnes raisons de croire que Omar el-Béchir était pénalement responsable. Honorables députés, un autre jour nous pourrons débattre des mérites de la CPI. Mais aujourd'hui le débat porte sur la Constitution de notre pays. Quand Nelson Mandela a déclaré que les droits de l'homme constitueraient le fondement de notre politique étrangère, c'était un avertissement. Il mettait en garde que l'Afrique du Sud ne protègerait plus jamais des dictateurs aux dépends de la population. Tous seraient égaux devant la loi. Mais ce jour, quand le président Jacob Zuma a aidé un meurtrier à échapper à la justice, il a piétiné l'héritage de Mandela et a violé notre Constitution », a déclaré le chef de l'Alliance démocratique.

A l'ANC, le parti au pouvoir, on réplique que tout ceci est destiné à embarrasser le chef de l'Etat. Jackson Mthembu, député ANC, estime que cette motion de censure est « la preuve » que « le président et son cabinet continuent d'être maltraité par ce Parlement ». « Mais je peux vous assurer que notre gouvernement fait appel du jugement de la Haute cour de Pretoria », rétorque-t-il. L'affaire est en effet devant la justice.

Une possible arrestation d’Omar el-Béchir n’avait pas fait l’unanimité au sein de l'opposition. Certains députés de l’opposition ayant salué le refus du président Zuma de coopérer avec la Cour pénale internationale.