Mali: la ville d'Anéfis au coeur des discussions à Gao

Les Casques bleus de la Minusma, la mission des Nations unies au Mali, ici, à Kidal, le 22 juillet 2015.
© REUTERS/Adama Diarra

L'accord de paix signé en juin sous l'égide de l'ONU entre le gouvernement et différents groupes armés a été mis à mal ces dernières semaines par la progression de miliciens pro-gouvernementaux en direction du Nord, dans les territoires tenus par les rebelles séparatistes touaregs. La milice a accepté la semaine dernière de se retirer de la ville d'Anéfis, mais ne l'a pas encore fait, ce qui alimente les tensions avec les rebelles touaregs de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). 

La localité de Anéfis continue de se vider de ses habitants. Ils partent, craignant une reprise des hostilités. Sur place et dans les environs, d’après nos informations, il n’y a pas de signe de retrait du Gatia (Groupe d'autodéfense touareg Imrad et alliés) mais plutôt un renforcement de leur dispositif militaire.

A environ 200 km plus au sud, la ville de Gao, où se poursuivent les discussions sur le cas de Anéfis. Les chefs traditionnels ont été consultés, afin d'exprimer la volonté des populations. Joint au téléphone par RFI, Ali Badi Maïga, président du Cadre de concertation de Gao, demande aux groupes loyalistes de la Plateforme de respecter l'accord de paix et de se retirer d'Anéfis, localité dont ils ont pris le contrôle il y a deux semaines.

Mais le Cadre de concertation demande également à la Mission des Nations unies de sécuriser les habitants, en accompagnant le retrait des combattants de la Plateforme. Ce qui n'est pas prévu par le plan proposé par la médiation internationale.

Délais

Du côté de la Plateforme, le secrétaire général du Gatia, Fahad Ag Almahmoud, affirme à nouveau être prêt à quitter Anéfis. « On est en train de travailler pour honorer la demande du président et de la communauté internationale. On travaille dans ce sens, pour que ça se fasse dans des délais plus appropriés », assure Fahad Ag Almahmoud. Mais le secrétaire général du Gatia souligne qu'il faut un peu de temps. « Ce n’est pas facile pour nous de le faire dans l’immédiat. On n'a jamais dit qu’on ne se retirerait pas, on a dit qu’il y avait un travail préalable qu’il faut faire avant de se retirer, il faut convaincre des gens. Et on attend que la Minusma vienne sécuriser les lieux. »

La Plateforme ne demande plus le redéploiement de l'armée malienne, le président Ibrahim Boubacar Keïta ayant exigé que les propositions de la médiation soient respectées. Mais elle continue donc de demander la présence des Casques bleus, pour que les ex-rebelles de la CMA ne réinvestissent pas seuls la ville.

Pour la CMA, « le président doit être plus ferme »

Ces derniers, de leur côté, critiquent les explications avancées par le Gatia. « Aujourd’hui, les responsabilités sont clairement établies. Ceux qui ont violé le cessez-le-feu de manière flagrante sont connus de tous », avance Mossa ag Attaher, porte-parole de la CMA. Pour lui, il n'y a pas lieu de tergiverser, le Gatia doit respecter l'accord de paix d'Alger : « Il n’y a pas plusieurs formules. La formule c’est que les milices progouvernementales quittent Anéfis immédiatement et sans conditions, qu’elles retournent à leurs positions d’avant. Le président doit être plus ferme. C’est incroyable, à nos yeux, qu’un général de l’armée malienne ne réponde pas à la demande du chef suprême des armées maliennes ».

Et d'insister : « Si les milices progouvernementales ne sont pas prêtes à prendre la voie du dialogue, la CMA est entièrement prête à reprendre Anéfis d’une manière ou d’une autre ».

Beaucoup plus à l’ouest de Gao, la ville de Tombouctou. Là, mardi 1er septembre, côté nord de la ville, des hommes armés encore non-identifiés ont attaqué un poste militaire. Deux soldats maliens ont été tués, un troisième blessé et un autre porté disparu.

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