Au Sénégal, les pêcheurs peinent à se relever de la tempête

Le port de pêche de Soumbedioume, à Dakar, au Sénégal.
© RFI/Guillaume Thibault

Sur la façade Atlantique du Sénégal, frappée par une tempête le week-end dernier, les populations s’activent pour reconstruire et protéger les maisons situées en front de mer. Une autre communauté a été directement touchée : celle des pécheurs. Les mauvaises conditions météo qui sévissent depuis une semaine empêchent les pirogues de sortir.

On lit de l’inquiétude dans les yeux d'Issa Fall. Dès qu'une pirogue accoste, le président du comité de pêche s'approche. Mais dans les cales, rien. Là où les pêcheurs pouvaient ramener jusqu’à une centaine de kilos, « On est à zéro, se désespère-t-il. C'est un mois très dur pour la pêche. »

Mahmoud Fall, capitaine en second, est dépité lui aussi. C'est sa première sortie depuis huit jours, car les conditions étaient trop dangereuses auparavant. Mais après dix heures en mer, il est rentré bredouille. « Avec la tempête, les poissons se sont dispersés », explique-t-il. « Même un seul poisson, tu ne peux pas l'attraper. Ce n’est pas une bonne période. Tu ne gagnes rien. Nous faisons comme ça, en tendant nos mains à Dieu », raconte-t-il, en joignant le geste à la parole.

Conséquence : dans un pays où le poisson est roi, les étals des marchés comme celui de Madame Seck sont vides. Et le moindre poisson vaut de l'or. « Ces temps-ci, la mer ne va pas. Il y a ce que l’on appelle le sambara, la tempête. Il n’y a pas de poisson sur le marché. Et ce que tu trouves, c’est très cher : pour un poisson qui coûte 1 000 francs, il faut mettre 2500 pour l’acheter. »

Le comité des pêches de Dakar-Soumbédioune estime qu'il faudra une bonne semaine pour retrouver des conditions de pêches correctes.