Somalie: la nouvelle stratégie des shebabs contre l'Amisom

Un soldat ougandais de l'Amisom, dans la province somalienne du Bas-Shabelle, en 2014.
© AMISOM/TOBIN JONES

La terrible attaque de mardi contre une base de l'Amisom à Janaalé (qui a pu faire une cinquantaine de morts dans les rangs de l'Amisom) est la deuxième attaque majeure contre une base de l'Amisom depuis le mois de juin. Les shebabs qui continuent de perdre des villes et des places fortes répliquent en visant les objectifs militaires de l'Amisom. Une stratégie qui vise à empêcher la force africaine de s'implanter sur les territoires nouvellement conquis sur les shebabs dans le Sud somalien.

L'attaque contre la base burundaise de Leego en juin et celle contre la base ougandaise de Janaalé ce mardi mettent en lumière le changement tactique opéré par les shebabs. Il y a quelques mois encore, les jihadistes s'en prenaient aux zones urbanisées et tentaient d'accroître leurs territoires. Mais face à l'avancée régulière de l'Amisom, ils ont adapté leur stratégie.

En effet, dès qu'elle récupère des régions, l'Amisom y installe des bases afin d'occuper l'espace. Et plus l'Amisom avance, plus ces bases sont isolées et donc vulnérables. Les shebabs l'ont parfaitement compris et engagent des centaines d'hommes dans ces attaques minutieusement préparées qui leur permettent au passage de piller les armureries.

Après l'attaque contre la base de Leego en juin dernier, l'Amisom avait d'ailleurs décidé de fermer quelques bases particulièrement exposées dans la région du Bas-Shabelle. Aujourd'hui, l'Amisom va devoir renforcer le renseignement afin de prévenir ces opérations de grande envergure.

Elle va devoir aussi améliorer ses relations avec les populations locales. Ce n'est pas un hasard si les shebabs ont attaqué Janaalé. C'est en effet à quelques kilomètres de là, à Merca, que les soldats de l'Amisom avaient froidement assassiné des civils somaliens en juillet dernier. Les shebabs avaient promis aux populations de Merca de les venger.