Rwanda: le bras de fer entre la mairie et la famille Rwigara continue

Vue générale de Kigali, la capitale du Rwanda, en septembre 2013.
© AFP/Tony KARUMBA

Au Rwanda, l'affaire « Rwigara » continue. Assinapol Rwigara, un ancien financier du FPR, avait trouvé la mort en février lors d'une collision entre sa voiture et un camion à Kigali. Un accident pour la police, un assassinat pour la famille. En août, la veuve de l'homme d'affaires avait accusé par voie de presse les autorités de harcèlement, de vouloir s'approprier ses biens après l'avoir assassiné. Elle avait été brièvement arrêtée pour «incitation au soulèvement», puis interrogée à plusieurs reprises, sans suites judiciaires pour le moment. Parmi les biens disputés, un hôtel que la mairie souhaite voir détruit. La famille Rwigara avait jusqu'à vendredi 4 septembre pour vider les lieux.

L'objet du litige : un bâtiment situé en plein cœur de la capitale à deux pas de la résidence présidentielle. Un immeuble d'habitation appartenant à l'homme d'affaires Assinapol Rwigara et qu'il avait agrandi avec pour objectif de le transformer en hôtel.

Mais en juillet dernier, à la suite d'un audit ordonné par la municipalité et suivi d'un rapport, la famille du défunt est informée qu'une partie du bâtiment n'est pas aux normes et a été construite sans permis. Elle doit donc être détruite. Une décision à laquelle s'oppose la famille qui, selon maître Janvier Rwagatare, son avocat, assure détenir un permis construire.

Elle réclame donc des éclaircissements à municipalité et a déposé une requête auprès du tribunal de grande instance pour suspendre cette décision jugée précipitée. Me Janvier Rwagatare : « Le rapport [à la suite de l'audit de la municipalité] pose des problèmes de solidité effectivement mais il ne donne pas pour instruction de démolir. Je crois que c'est hâtif. En général, les autorités vous disent de corriger et si vous ne corrigez pas, s'il n'y a pas d'autres moyens il y a effectivement démolition. »

La famille avait récemment dénoncé un harcèlement des autorités, visant selon elle à s'approprier les différents biens de l'homme d'affaires. Le maire de Kigali n'était pas disponible dans l'immédiat pour répondre aux questions de RFI mais il a toujours démenti ces accusations, assurant que la municipalité ne faisait que suivre des procédures légales.