Afrique du Sud: le 14e Congrès forestier mondial s'ouvre à Durban

Bois saisis par les autorités et stockés dans la cour de la Direction régionale de l'Environnement et des Forêts à Antalaha (région SAVA, nord-est de Madagascar).
© © Marie Audran

Le quatorzième Congrès forestier mondial s’ouvre ce lundi 7 septembre à Durban, en Afrique du Sud. C’est la première fois que cette conférence organisée tous les six ans par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), se tient sur le sol africain. La rencontre 2015 aura pour thème : « Les forêts et les peuples : investir dans un avenir durable ». Une journée spéciale sera consacrée aux défis auxquels l’Afrique fait face.

Le quatorzième Congrès forestier mondial qui se tient à Durban du 7 au 11 septembre 2015 doit mettre en évidence la nécessité « d’investir dans les forêts comme élément clé du développement durable ». La rencontre s’articulera sur trois axes de réflexion : l’exploitation raisonnée des forêts pour tenter d'extraire les populations rurales de la pauvreté, la protection des forêts pour lutter contre le réchauffement climatique et le développement de nouvelles technologies et des produits renouvelables.

A l’heure actuelle, 1, 6 milliard d’êtres humains dépendent directement des forêts pour leur subsistance et l’équilibre est toujours difficile à trouver entre l’exploitation très rentable des forêts et la gestion raisonnée de cet écosystème essentiel pour atténuer le réchauffement climatique.

Dix-huit millions d'hectares de forêts en moins

Ce sera d’ailleurs le thème central de la journée consacrée à l’Afrique qui entend réfléchir à l’inclusion des communautés locales dans la protection des ressources fauniques et forestières ; celles-ci sont, sur le continent, notamment menacées par la déforestation.

Selon une récente étude du World Ressources Institute, la planète Terre a perdu 18 millions d’hectares de forêt en 2014. Parmi les dix pays qui connaissent la perte la plus rapide de leur couverture arborée, presque la moitié se trouve en Afrique de l’Ouest. Ainsi, l’exploitation de plus en plus intense de l’huile de palme inquiète les ONG et les populations locales.

Le rythme des pertes forestières a ralenti en 25 ans

La superficie forestière sur la planète continue de diminuer mais cette disparition s’est cependant faite à un rythme deux fois moins élevé au cours des 25 dernières années, selon le rapport publié ce lundi 7 septembre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

« Le taux de perte nette de forêts a chuté de plus de 50% entre 1990 et 2015 », révèle le document de la FAO. Ce taux annuel de perte nette de forêts, qui prend en compte la plantation de nouvelles forêts, est passé de 0,18% dans les années 90 à 0,08% au cours de ces cinq dernières années.

Malgré les chiffres encourageants de la FAO, la superficie forestière a diminué de 3,1% en un quart de siècle, passant de 4,128 milliards à 3,999 milliards d’hectares dans le monde. Ce sont donc 129 millions d’hectares de forêts qui ont disparu du globe depuis 1990, précise l’organisation.

Principales pertes dans les zones tropicales

Les principales pertes ont eu lieu dans les zones tropicales, et notamment en Amérique du Sud et en Afrique, même si le taux de perte dans ces régions a considérablement baissé en cinq ans, toujours selon ce rapport.

La superficie des forêts naturelles va néanmoins probablement continuer de diminuer, estime la FAO. Mais « en raison de la demande croissante pour les produits forestiers et les services environnementaux, la superficie des forêts plantées devrait continuer à augmenter dans les années à venir ».