Nigeria: explosion du nombre de déplacés dans l’Etat de Borno

L'Etat de Borno compte près d'1,6 million de déplacés à cause des attaques de Boko Haram. Ici, le 3 août 2015 dans un camp de réfugiés à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno.
© AFP PHOTO/STRINGER

Le nombre de déplacés internes recensés au Nigeria vient de franchir la barre des deux millions. Il a sensiblement augmenté ces derniers mois en raison des attaques du groupe Boko Haram, qui se fait désormais appeler « Groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest ». Les équipes de l’Office international pour les migrations ont pu enquêter dans des zones jusqu’ici inaccessibles pour des raisons évidentes de sécurité. Elles ont recueilli un nombre important de données et dressent un tableau inquiétant.

Les insurgés islamistes ont perdu du terrain dans plusieurs districts de l’Etat de Borno, mais ils ont de plus en plus recours aux attentats-suicides. La terreur continue donc de provoquer d'importants mouvements de populations. La Nema, l’agence nationale en charge des situations d’urgence, concède que la situation est en passe de lui échapper. Elle est pourtant d’ordinaire prompte à déclarer que la situation est sous contrôle.

« Les chiffres sont très importants et le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter, reconnaît Alhassan Nuhu, directeur de la réduction des risques à la NEMA. Dans le seul Etat de Borno nous avons 1,6 million de déplacés, dont 90 % se sont installés dans la capitale, Maiduguri. Seul, le gouvernement ne pourra pas subvenir à leurs besoins. Les Nations unies, des ONG nationales et internationales nous aident, mais il nous faut plus d’aide, ce n’est pas assez. »

Maiduguri compte 23 camps, mais selon une étude de l’Organisation internationale pour les migrations, 92 % des réfugiés se sont installés chez des proches. Le plus souvent, les déplacés ne quittent pas l’Etat de Borno et effectuent de nombreux allers-retours chez eux pour vérifier que leurs terres et leurs biens n’ont pas subi de dégradations. Très peu de déplacés ont retrouvé une activité génératrice de revenus. La plupart d’entre eux sont des fermiers. Les mineurs sont en majorité. Un tiers d’entre eux ont moins de cinq ans, dont certains sont non accompagnés.

L'armée nigériane a par ailleurs interdit l'usage des chevaux dans l'Etat de Borno. Fin août, des combattants présumés de Boko Haram se sont lancés, à cheval, à l'attaque de trois villages du nord-est du Nigeria, tuant près de 80 personnes, et l'organisation jihadiste a mené plusieurs attaques montées depuis.

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