Burkina Faso: un projet de loi contre les violences faites aux femmes

Discussion avec les femmes des villages de Koura-Bagrin et Bouro, dans la région du Nord au Burkina Faso.
© © Abdoul Wahab Ouédraogo

Le Burkina Faso fait un pas en avant dans la répression des violences faites aux femmes. Ces agressions font l'objet d'un projet de loi qui a été voté dimanche 6 septembre par les députés du Conseil national de transition. Il prévoit notamment des peines de prison allant jusqu'à cinq ans et des amendes allant jusqu'à 1 million de Francs CFA selon les types de violences.

Le Conseil des femmes du Burkina Faso (CNFB), une association de femmes leader de la société civile mise en place le 27 mai 2014, a participé à la rédaction du texte de loi. Cette dernière intervient dans un contexte très difficile pour les femmes burkinabè.

Martine Yabré, la présidente du CNFB, le confirme. Les débats sur les agressions faites aux femmes sont insuffisants, il faut agir. Cette loi est un début mais le chemin reste long. 
« Il y a les questions de violences récurrentes à l’égard des femmes et des jeunes filles. Vous avez par exemple les grossesses non désirées, les viols, le harcèlement. A cela s’ajoute quand même s’ajoute le poids de la tradition et autre qui fait qu'il faut être soumise. »

Tous ces facteurs compliquent les avancées dans la lutte et répression des agressions sexuelles. Marine Yabré l'illustre à travers la question du viol conjugal : « Quand vous prenez par exemple le viol conjugal, les violences conjugales, ça c’est la routine. Le vote de cette loi est assez salvateur pour tous, pour les femmes certes, mais surtout pour les hommes également parce que cela permettra de dissuader un peu un certain nombre de comportements et cela permettra de freiner des ardeurs.»