Afrique du Sud: possibles menaces contre des intérêts américains

Mardi 8 septembre, l’ambassade américaine à Pretoria a mis en garde ses ressortissants.
© Getty Images/ Richard I'Anson

L’Afrique du Sud est vigilante après un avertissement lancé par les Etats-Unis à ses citoyens vivant dans le pays. Mardi 8 septembre, l'ambassade des Etats-Unis à Johannesburg a en effet publié un avertissement contre une possible « menace terroriste » visant les intérêts américains dans le pays.

Mercredi matin, les autorités sud-africaines ont indiqué qu’elles prenaient l’affaire au sérieux, mais ont ajouté qu’il ne fallait pas paniquer. « Il n’y a pas de menace immédiate sur le territoire sud-africain », a indiqué le ministre de la Sécurité David Mahlobo.

Mardi 8 septembre, l’ambassade américaine à Pretoria a mis en garde ses ressortissants : des extrémistes pourraient viser des intérêts américains dans le pays, sans donner plus de détails. Mercredi matin, David Mahlobo a indiqué que son gouvernement collaborait étroitement avec les Américains : « Nous ne ferons pas preuve de complaisance. Nous allons continuer à surveiller la situation. Mais en ce qui concerne la sécurité en Afrique du Sud, ou la présence de groupe radical ou d’activité terroriste dans le pays, nous pouvons confirmer que la situation est sous contrôle, il ne faut pas paniquer. »

La semaine dernière déjà, Washington a publié une alerte sécuritaire générale, en prévision de la commémoration des attentats du 11-Septembre. Mais cette fois-ci, la mise en garde est plus spécifique. Les spécialistes prennent d'ailleurs cette alerte au sérieux.

Une plaque tournante pour les mouvements terroristes ?

L'Afrique du Sud menacée par le terrorisme islamiste ? Le débat fait rage depuis quelques années. Certes le pays n'a jamais été la cible d'attaques. Mais certains analystes pensent que le pays pourrait servir de passerelle ou de

plaque tournante

à des mouvements terroristes.

« Il y a récemment eu de nombreuses spéculations sur l'utilisation de l'Afrique du Sud pour blanchir de l'argent ou comme destination où des terroristes peuvent obtenir un passeport, souligne Jacckie Cilliers, de l'Institut des études de sécurité. Mais jusqu'à présent, le pays a été épargné par le terrorisme international et par là, je suppose que les Américains ici font référence à al-Qaïda, aux shebabs somaliens ou à un groupe lié au jihad. »

L'exemple le plus connu, Samantha Lewthwaite, surnommée la veuve blanche, qui a séjourné deux ans en Afrique du Sud, où elle faisait transiter de l'argent vers le groupe des shebabs somalien.

Le mois dernier, le ministre sud-africain de la Sécurité a également révélé qu'ils avaient interpellé une quinzaine de jeunes s'apprêtant à rejoindre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

L'Afrique du Sud, maillon faible dans la lutte contre le terrorisme ? Le pays possède de bonnes infrastructures, un bon système bancaire, tout en ayant une corruption élevée.
En tout cas, les analystes s'accordent à dire que Washington n'aurait pas lancé une alerte sans renseignements crédibles.

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