Elections en RDC: la Céni contrainte à revoir le calendrier

des agents électoraux de la Céni, en République démocratique du Congo, recompte les voies, lors de l'élection présidentielle de 2011.
© AFP PHOTO / SIMON MAINA

En RDC, la Commission électorale indépendante s'en était remis à la Cour constitutionnelle pour trancher les blocages dans l'organisation des scrutins à venir. La décision a été prise mardi par la Cour. Cette dernière ordonne à la Céni de réévaluer l'ensemble de son calendrier, mais surtout d'organiser l'élection des gouverneurs avant le prochain scrutin des provinciales prévu en octobre, ouvrant ainsi la voie à un possible report du cycle des sept scrutins à venir. Réaction qui ne ravit pas tous les camps.

En attendant l'élection des nouveaux gouverneurs, la cour exige du gouvernement qu'il prenne « des mesures transitoires exceptionnelles » pour remplir le vide juridique à la tête des 21 nouvelles provinces.

Pour le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé, il s’agit d’une décision de bon sens : « La Commission électorale nationale indépendante devra se réunir pour essayer d’examiner à son niveau la problématique qui a été créée par l’insertion d’un nouveau point à son calendrier, car, dans ce calendrier n’existait que l’élection des gouverneurs définitifs. Or, maintenant, la Commission avait inscrit un point d’élection des gouverneurs provisoires. Donc, c’est un problème qui nécessite une évaluation, selon le point de vue de la cour, qui est tout à fait marqué au coin du bon sens le plus élémentaire, mais en dehors de cela le gouvernement n’est pas fondé à commenter les décisions d’une cour de justice. »

Dénonciation

Le parti d'opposition l'Union pour la nation congolaise (UNC) dénonce, lui, l'opportunité donnée par la cour au chef de l'Etat de nommer directement les gouverneurs provisoires, mais surtout en demandant à la Commission électorale de réévaluer l'ensemble du calendrier, la cour entérine le glissement du processus électoral souhaité par le pouvoir, s'indigne Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l'UNC : « La Cour constitutionnelle, qui est le dernier rempart des institutions de notre pays, vient de trébucher, c’est-à-dire de faire le jeu du gouvernement. Là nous ne sommes pas d’accord, elle n’est pas compétente pour statuer sur une telle question. »

La Commission électorale doit maintenant se réunir pour discuter des mesures concrètes à prendre.