RDC: l'opposition craint un report de l'élection présidentielle

Un agent électoral de la Céni au milieu des sacs de bulletins de vote, en décembre 2011.
© © AFP / Gwenn Dubourthoumieu

Après un arrêt de la Cour constitutionnelle appelant la commission électorale à revoir son calendrier des élections, les réactions se multiplient en RDC. Les Sages ont jugé impératif d'organiser avant toute chose l'élection des gouverneurs jusqu'ici bloquée. Mercredi après-midi, une centaine de partis d'opposition se sont donc réunis pour parler d'une seule voix. Car pour eux, cet arrêt ouvre la voie à un possible report de l'élection présidentielle en 2016.

Organiser en priorité l'élection des gouverneurs, revoir le calendrier électoral congolais... Mercredi, l'arrêt de la Cour constitutionnelle s'est invité sur presque toutes les Unes des quotidiens kinois. Et aussi dans la rue, bien au fait du débat. « Tout ce qu'ils sont en train de faire là, c'est pour garder le pouvoir en place, soutient ce Congolais. Mais nous, le peuple, nous souffrons, nous voulons le changement. »

Mais tous ne sont pas d'accord avec cette interprétation. « Quand ils demandent à la Céni de revoir leur calendrier, cela ne veut pas dire qu'ils demandaient à la Céni d'aller au-delà des délais prévus ! » Estime cet habitant de Kinshasa.

Mais au siège du Fonus (Forces novatrices pour l'union et la solidarité), 104 formations de l'opposition réunies en sont convaincues, la décision des Sages est synonyme de report des élections et aussi de la présidentielle en 2016. Emery Okundji, secrétaire général du Fonus appelle donc à rejeter cet arrêt : « La Céni, le gouvernement et la Cour constitutionnelle, tous se sont mis dans la stratégie du glissement, orchestrée par le président de la République qui ne veut pas partir à la fin de son mandat, affirme-t-il. Il est en train de multiplier – nous ne cessons de le dire – les obstacles pour rester au pouvoir malgré la limitation des mandats dans la Constitution de la République démocratique du Congo. »

Ces partis d'opposition demandent donc la suspension du redécoupage des nouvelles provinces pour éviter que le calendrier électoral ne se grippe complètement. Mais pour le porte-parole de la majorité, Sébastien Luzanga Shamandevu, tous les problèmes électoraux peuvent être résolus par le dialogue national. « Nous sommes encore à une année et quelques mois selon notre Constitution pour l'organisation des élections présidentielles, et je crois que tout peut se faire dans le délai constitutionnel, assure-t-il. Le calendrier qui nous a été proposé par la Céni aujourd'hui, nous disons que ça mérite que nous puissions nous retrouver dans un dialogue national – opposition, majorité, société civile – pour que nous puissions réfléchir : est-ce que nous pouvons organiser les élections selon le calendrier que la Céni nous avait proposé ? Le dialogue devient incontournable. »