Guinée-Bissau: volte-face présidentiel après le limogeage du Premier ministre

Le président de Guinée-Bissau, José Mario Vaz, le 11 juin 2014.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

A Bissau, l'heure est à l'apaisement. Désavoué par la Cour suprême le président José Mario Vaz a annoncé qu'il se pliait à cette décision. Il avait tenté de passer en force, lundi, en nommant un nouveau Premier ministre, mais la Cour avait rejeté cette nomination. Le président Vaz entend désormais respecter les textes et va consulter le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) pour qu'il lui soumette un nouveau nom.

En Guinée-Bissau, le PAIGC, c'est un peu comme les Atrides dans la Grèce antique : une famille où l'infanticide et le parricide sont légion. Après avoir limogé son Premier ministre, Domingos Pereira, contre l'avis du parti, le président Vaz a voulu nommer un successeur, mais il a été désavoué par la Cour suprême.

Après cette défaite, il semble revenir à de meilleurs sentiments et annonce qu'il se pliera à la décision de la Cour. Il va donc demander au PAIGC de lui soumettre un nom. En théorie, selon la loi, c'est à nouveau Domingos Pereira qui devrait être proposé. Mais pour éviter d'humilier totalement un président qui après tout est issu de sa formation, Domingos Pereira pourrait choisir de s'effacer. C'est du moins ce que laisse entendre son entourage.

Parmi les remplaçants potentiels : Carlos Correia, 81 ans, qui a déjà été Premier ministre à trois reprises. Il est actuellement vice-président du PAIGC. Un autre nom circule, celui de Kalifa Seydi, le chef du groupe parlementaire PAIGC. Tous deux sont des fidèles de l'ancien Premier ministre qui ainsi pourrait gouverner par procuration.