Israël: un accord sur les réfugiés avec le Rwanda et l'Ouganda dénoncé

Migrants africains du centre de détention de Holot, le 30 janvier 2014.
© REUTERS/Amir Cohen

L'initiative internationale pour les droits des réfugiés (IRRI) a publié un rapport alarmant cette semaine sur la politique israélienne en matière de droit d'asile. Au centre des préoccupations : un accord opaque et confidentiel entre Israël, l'Ouganda et le Rwanda. Il permettrait à l'Etat hébreu de renvoyer des réfugiés vers l'Afrique.

Depuis le début de l’année, 747 demandeurs d’asile auraient quitté Israël via le système de départ volontaire. Pour les 45 000 Africains réfugiés dans l’Etat hébreu, le choix est vite fait. Entre des conditions de détention très dures et un voyage organisé de A à Z vers deux pays tiers présentés comme « sûrs » : l’Ouganda et le Rwanda.

« On leur dit que lorsqu’ils arriveront dans ces pays, on leur donnera des papiers. On leur donne aussi 3 500 dollars, ainsi que les documents leur permettant de quitter Israël, explique Andie Lambe, la directrice exécutive de l’IRRI, qui en a rencontré plusieurs d’entre eux. Quand ils arrivent, ils sont accueillis à l’aéroport par des locaux, et tous leurs papiers leur sont alors retirés. »

Privés de droits et d’identité, les réfugiés passent les frontières de manière illégale et retentent leur chance vers l’Europe, mais l’accord qui règle ces transferts vers l’Ouganda et le Rwanda reste flou. Il est gardé confidentiel par le gouvernement israélien. « Le gouvernement israélien assure qu’il y a un accord, cependant, nous ne savons pas ce qu’il contient, dénonce Reut Michaeli, de Hotline, une association israélienne de défense des réfugiés. Nous ne savons pas non plus ce que les gouvernements reçoivent dans l’échange, ni quelles conditions ou garanties sont données aux migrants lorsqu’ils partent d’Israël et qu’ils arrivent dans le pays. »

Israël, l’Ouganda et le Rwanda ont pourtant tous les trois ratifié la Convention de Genève relative aux droits des Réfugiés de 1951. Elle indique que les demandeurs d’asile ne peuvent être renvoyés vers un pays tiers, que selon un accord officiel qui garantit que leurs droits seront préservés, et qu’ils n’auront pas à changer de pays une nouvelle fois.