Le Royaume-Uni s'oppose à la révision de la Constitution rwandaise

Le ministre d'Etat britannique en charge du développement international et de l'Afrique Grant Shapps s'est exprimé au sujet de la candidature probable de Paul Kagame à sa réélection et de l'arrestation à Londres du général rwandais général Karenzi Karake.
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« Le Royaume uni n'est pas en faveur d'une réforme de la Constitution pouvant permettre à Paul Kagame de briguer un troisième mandat ». C'est ce qu'a déclaré Grant Shapps, le ministre d'Etat britannique en charge du développement international et de l'Afrique à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays, vendredi 11 septembre. Cette visite intervient deux jours après la désignation d'une commission ayant pour but de rédiger un projet de réforme de la Constitution pouvant permettre au président rwandais de se représenter en 2017.

La Constitution, mais aussi l'arrestation à Londres en juin dernier du chef des services secrets rwandais et la suspension d'une partie des programmes de la BBC à la suite de la diffusion d'un documentaire controversé sur le génocide sur une des chaines du diffuseur britannique ont été à l'ordre du jour de l'entretien que le ministre britannique a eu avec le président Kagame. Des points qui ont été abordés ensuite lors d'une conférence de presse.

« Le Royaume uni a un système judiciaire entièrement indépendant », a déclaré le ministre d'Etat britannique assailli par les questions des journalistes à propos de l'arrestation du général Karenzi Karake à Londres. Autre sujet à controverse abordé lors de cette conférence de presse commune avec le ministre rwandais des Finances : la suspension par Kigali des programmes en kinyarwanda de la BBC. Le sujet a été évoqué avec Paul Kagame et la position britannique est claire.

« Nous croyons que tous les pays dans le monde devraient avoir une presse libre et dynamique, a déclaré Grant Shapps. Nous pensons qu'il devrait y avoir de l'espace pour la société civile. Nous croyons qu'il devrait y avoir de la place pour du débat politique. Nous ne pensons pas que la constitution devrait être amendée ».

Condamnation à demi-mot

Une position de principe qui fait écho à celle des Etats-Unis qui, la semaine dernière, se sont une nouvelle fois prononcés contre un troisième mandat pour Paul Kagame. La condamnation britannique est toutefois moins directe. Le ministre d'Etat Grant Shapps a choisi de mettre les formes, sans condamner directement le Rwanda. Le problème c'est que les choix de Kigali peuvent, selon lui, influencer d'autres pays de la sous-région.

« La difficulté avec les amendements de constitutions est qu'une fois qu'un pays le fait, tout le monde pense pouvoir le faire en retour. Beaucoup de pays voisins n'ont pas les mêmes standards que ceux d'ici. »

Pour les Britanniques, le Rwanda est considéré comme un partenaire vertueux, notamment en matière de gestion de l'aide internationale. Officiellement — du côté britannique comme du côté rwandais —, malgré les « accidents de parcours », les relations entre les deux pays restent solides.