Terrorisme: réinstauration du visa entre le Mali et le Cameroun

Les combattants du Mujao (photo) et de Boko Haram utilisent souvent de faux passeports camerounais ou maliens pour pouvoir circuler librement en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale.
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Après 51 ans de libre circulation des biens et des personnes entre le Mali et le Cameroun, les deux pays viennent de rétablir le visa. Outre le fait que le Cameroun devait respecter des engagements vis-à-vis des autres pays de la Cémac (communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), la mesure vise surtout à lutter contre le terrorisme, notamment contre la circulation d'éléments de Boko Haram entre l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest.

Désormais, un ressortissant malien qui se rend au Cameroun doit d’abord obtenir un visa et vice versa. C’est notamment la lutte contre le terrorisme, contre Boko Haram, qui explique ces nouvelles mesures entre les deux pays. A Bamako comme à Yaoundé, les autorités s’inquiétaient de plus en plus.

En effet, une branche du Mujao — le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest —, basé dans le nord du Mali, et Boko Haram au Nigeria, pays voisin du Cameroun, ont fait allégeance à l’organisation Etat islamique. Or, pour passer de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique centrale et vice versa, les combattants de ces deux groupes terroristes utilisent souvent la filière des faux documents.

Une de leurs astuces est d’obtenir de faux passeports camerounais moyennant de fortes sommes afin de partir de l’Afrique centrale. Ils arrivent ensuite à Bamako, où ils n’ont alors pas besoin de visa. Une fois sur place, ils se débrouillent pour obtenir un passeport malien, qui leur permet de se rendre librement dans des pays comme l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, situés aux portes de l’Europe.