Mali: le trafic de drogue, facteur d’instabilité au Nord

L'avion de la cocaïne, à 200 km au nord de Gao, au Mali.
© Photo : Serge Daniel

Terre de rébellions, d'affrontements intercommunautaires, le nord du Mali est également connu, selon plusieurs experts, pour être un lieu important de transit de la drogue. Ce qui explique en partie des violations répétées des cessez-le-feu et la présence de trafiquants célèbres au sein de certains groupes armés. Le contrôle des routes de ce trafic reste aujourd'hui encore un enjeu important.

Si de puissants trafiquants ont infiltré ou gèrent même des mouvements armés du Nord du Mali, c’est parce qu’ils veulent contrôler certaines localités, certains axes du Nord connus pour être des lieux de transit de la drogue. C’est ce qui expliquerait en partie, selon des experts, des affrontements documentés dans le passé ou la tension actuellement perceptible sur le terrain.

L’itinéraire des stupéfiants est connu. Des avions viennent jeter la marchandise dans le Nord du Mali et sur place des relais récupèrent les colis pour les envoyer ensuite vers deux destinations prisées : l’Europe via le Maghreb ou via d’autres déserts africains.

Il y a quelques années, l’atterrissage dans le désert malien d’un avion bourré de cocaïne a permis de connaître davantage les personnes impliquées dans ce trafic. La charge utile de l’avion était de 10 tonnes, soit à l’époque environ 300 millions d’euros empochés par les trafiquants. Des chefs de tribus, les bandes armées, porteurs d’uniforme, des élus et deux hommes politiques ont été fortement soupçonnés d’être impliqués dans l’affaire.

De nos jours, le trafic se poursuit, selon différentes sources, avec une préférence pour la cocaïne. Cette préférence s’explique en termes de gains puisqu’un véhicule chargé de cocaïne équivaut à 40 véhicules chargés de cannabis.