Niger: l'ancien Premier ministre Amadou va-t-il mettre fin à son exil?

Hama Amadou, à l'époque où il était président du Parlement du Niger, le 6 novembre 2013 à Niamey.
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L'ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale Hama Amadou, passé à l'opposition, a été désigné candidat à la présidentielle de 2016 par son parti le Moden Lumana Fa, dimanche 13 septembre. Interrogé par RFI, il promet de revenir au pays «très très bientôt». Problème : la justice souhaite toujours l'entendre dans l'affaire dite des «bébés nigérians». Ces enfants adoptés illégalement après avoir été achetés au Nigeria. Que risque Ama Hamadou s'il confirme son retour ? Peut-il échapper à la justice ?

Le ministre de l’Intérieur du Niger est catégorique. Si Hama Amadou rentre à Niamey, « il sera arrêté » et il sera « jugé ». Car l’ancien président de l'Assemblée nationale a beau affirmer le contraire, le mandat d’arrêt émis à son encontre en septembre 2014 court toujours. Il est recherché par la justice pour faux, usage de faux et complicité de trafic de bébés, confirme le procureur adjoint de la République.

Cette menace ne semble pourtant pas l'effrayer. « De toute façon, le dossier est vide, ils seront obligés de me relâcher rapidement » avance-t-il, comme revigoré par son nouveau statut de tout premier candidat de l'opposition déclaré. Un statut qui pourrait même le protéger contre des poursuites, à condition toutefois que sa candidature soit validée, ce qui reste incertain, car en vertu du code électoral nigérien, tout candidat doit au préalable être reconnu de bonne moralité « par les services compétents ». Une disposition « assez floue », de l'aveu même du procureur adjoint de la République.

Quoi qu'il en soit, Hama Amadou fourbit ses armes et affiche ses soutiens. En témoigne le choix d'organiser son congrès d'investiture à Zinder, comme pour montrer qu'au fil des années, son parti parfois taxé de « régionaliste » par ses détracteurs, a su s'implanter au-delà de la capitale. Reste que l'exil d'Hama Amadou a quelque peu affaibli son camp, en accélérant le départ de certaines personnalités influentes du parti.