RDC: l’UDPS rompt ses discussions avec les autorités

Etienne Tshisekedi, en juin 2012, pour un meeting de son parti l'UDPS.
© AFP PHOTO / JUNIOR DIDI KANNAH

En République démocratique du Congo, voilà plusieurs semaines que le premier parti d’opposition l’UDPS menait des négociations avec des émissaires du président Joseph Kabila autour de la tenue d'un dialogue politique. Tenus secrets avant que la presse ne s’en mêle, ces pourparlers avec le pouvoir ont suscité des déclarations contradictoires de la part de cadres du parti, mais aussi interrogations et critiques à Kinshasa. Ce dimanche, l’UDPS a finalement choisi de mettre fin à ces négociations dans un communiqué.

Officiellement, ces deux rounds d’entretiens, en Italie et en Espagne, devaient servir à préparer les thèmes abordés lors du dialogue politique initié par le président Joseph Kabila en juin dernier. Dialogue dont on attend toujours l’ouverture. C’est ce qu’expliquent aujourd’hui le n’2 du parti d’opposition Bruno Mavungu et le fils du chef, Félix Tshisekedi.

Selon ce dernier, deux évènements auraient provoqué la rupture : le feu vert à une révision du calendrier électoral donnée par la Cour constitutionnelle et une proposition de participation à un gouvernement d’union nationale pour UDPS. « Cela nous a déçus », explique Félix Tshisekedi : « Nous ne voulions pas être complices d’une stratégie de glissement des échéances électorales de la part du pouvoir ». Exit donc les pré négociations.

Mais c’est un tout autre son de cloche que donne l’un des conseillers politiques du n°1 du parti, Valentin Mubake ainsi que d’autres. Selon lui, un certain nombre de cadres du premier parti d’opposition se servent de la longue convalescence du chef de l’UDPS et de son silence pour négocier à son insu une place au gouvernement entre autres. Finalement consulté sur ces pourparlers de l’ombre, Etienne Tshisekedi aurait tout simplement « sonné la fin de la récréation ».

Des pressions de la base du parti, de plus en plus agacée par cette étrange stratégie pour un parti qui se veut de l’opposition radicale, auraient également joué. Avec ce nouvel épisode, c’est une fois de plus un UDPS divisé qui se révèle et dont les déclarations contradictoires risquent à terme de faire perdre toute crédibilité au premier parti d’opposition du pays.

Reste la question du dialogue : cette initiative lancée par Joseph Kabila en juin et dont on attend toujours une date d’ouverture. Pour Félix Tshisekedi, l’UDPS est toujours prêt à y participer pour aller aux élections dans un climat apaisé et il appelle les autres formations d’opposition à faire de même. Question de réalisme politique dit-il, et ce même si son père depuis la dernière présidentielle de 2011 a toujours refusé de reconnaître la légitimité de Joseph Kabila en tant que président et de dialoguer avec lui.

Les amis d’en face étaient en train d’appliquer la stratégie du «fight and talk», c'est-à-dire que d’un côté on continue de faire feu de tout bois et de l’autre on continue de parler.

Félix Tshisekedi
14-09-2015 - Par Pierre Pinto

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