Burkina Faso: la Commission de réconciliation rend son rapport préélectoral

Le Conseil national de transition au Burkina Faso.
© FP PHOTO / YEMPABOU AHMED OUOBA

Au Burkina Faso, l'élection présidentielle aura lieu dans un mois, le 11 octobre. Le scrutin doit mettre fin à la période de transition et à tourner la page Compaoré, déchu l'année dernière après quasiment 35 ans de pouvoir. Pour que le pays puisse vraiment aller de l'avant, le gouvernement a nommé une Commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR). Elle vient de remettre son rapport. Le texte recommande entre autres la création d'un Conseil spécial pour s'occuper des crimes commis ces dernières années.

Dans son rapport de plus de cinq cents pages, la Commission de la réconciliation nationale et des réformes relève un « lourd passif de crimes divers ». Selon la Commission, 145 cas de crimes de sang ont été répertoriés de 1960 à nos jours au Burkina Faso. Ce sont des assassinats politiques, des personnes tuées pendant des coups d'Etat ou suite à des enlèvements ou à des actes de torture.

« Il y a des cas où c’était des disparitions. Mais après ça a été confirmé qu’il s’agissait de décès. Il y a également bien sûr des crimes qui eux sont dus également à la violence en politique. Et nous avons eu la surprise de voir qu’il y avait des crimes de sang intérieur au collège de sages, mais les intéressés ont trouvé que les circonstances n’étaient pas favorables pour qu’ils parlent », précise Mgr Paul Ouedraogo, président de la Commission de réconciliation nationale.

Dissoudre le RSP

Afin de faire la lumière sur tous ces crimes et d'aller vers la réconciliation, la Commission recommande la mise en place d'un pool de juges d'instruction, comme l’explique Ra-Sablga Seydou Ouedraogo, membre de la commission : « On propose de créer un pool de juges d’instruction chargés d’instruire le passif des crimes de sang, de doter le pool d’instructions de moyens d’investigations suffisantes, de constituer en concertation avec le barreau un pool d’avocats pour assister d’office les victimes ».

La Commission de la réconciliation nationale et des réformes propose également la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle, ce corps d'élite de l'armée, pilier du régime Compaoré, aujourd'hui contesté. Elle recommande le redéploiement de ses éléments à des missions autres que celles d'assurer la sécurité du président du Faso.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.