Crise des migrants: Jacob Zuma fustige les pays occidentaux

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 4 juin 2015, au Cap.
© Reuters/Sumaya Hisham

Alors que l’Assemblée générale des Nations unies doit s’ouvrir la semaine prochaine à New York, le président sud-africain accuse les pays occidentaux d'être responsables de la crise des réfugiés en Europe. Lors d’une rencontre ce mardi avec les diplomates étrangers basés à Pretoria, Jacob Zuma a notamment mis en garde contre toute ingérence en Syrie.

Pour Jacob Zuma, les pays occidentaux sont responsables de la crise des migrants. Faisant la comparaison avec la Libye, le président sud-africain a rappelé que l'intervention de l'Otan dans ce pays était à l'origine de l'instabilité dans la région et d'une importante vague de migration.

« Il faut se rappeler qu'avant le printemps arabe et l'assassinat de Kadhafi, il n'y avait pas de réfugiés qui affluaient vers les pays européens, a-t-il affirmé. La situation était normale en Afrique du Nord. Ce sont les décisions qui ont été prises, le bombardement de la Libye et l'assassinat de son chef qui ont ouvert la porte à des tensions et à des conflits dans le pays. Et c'est ça qui a provoqué le problème des réfugiés, du moins ceux en provenance d'Afrique. Cela a été provoqué par ce problème de sécurité, il ne faut pas l'oublier alors qu'on est en train de faire face à une crise des réfugiés. Parce qu'on oublie facilement, on pourrait penser que tout à coup, l'Afrique a un problème et c'est pour cela que les réfugiés arrivent en masse. C'est à cause de cette ingérence qu'il y a un problème aujourd'hui. »

« Quand l'Afrique disait : on a un plan pour travailler avec les Libyens et pour changer la situation en Libye, tout le monde nous a ignorés, a insisté Jacob Zuma. Et aujourd'hui, ceux qui ont participé à déstabiliser cette partie du monde ne veulent pas accepter de réfugiés. Mais c'est leur responsabilité. Ils ont provoqué cela, ils doivent y remédier. »

Une réforme des Nations unies

Le président sud-africain a également indiqué que son pays allait pousser pour une réforme de l’institution lors de sa 70e Assemblée générale qui s'ouvre le 25 septembre à New York. Une revendication récurrente en Afrique. Pour Jacob Zuma, il est inconcevable que plus d'un milliard d'Africains ne soient pas mieux représentés à l’ONU. Le pays se dispute avec le Nigeria une place de membre permanent au Conseil de sécurité.

« L'Afrique du Sud va utiliser sa participation à la 70e session des Nations unies pour continuer à pousser pour une réforme de l'ONU et notamment du Conseil de sécurité qui joue un rôle majeur dans la promotion de la paix et la sécurité, a assuré le président Zuma. Les pays en voie de développement vont également recommander une réforme du système des Nations unies, afin qu'il soit plus adapté aux intérêts et aux besoins de la majorité de ses membres, c'est-à-dire les pays en voie de développement. C'est d'autant plus vrai pour l'Afrique, un continent de plus d’un milliard de personnes qui ne sont pas représentées de façon permanente au Conseil de sécurité. Un monde censé être juste ne peut pas avoir plus d'un milliard de personnes absentes des instances les plus hautes. »

Une visite d'Omar el-Béchir possible

Trois mois après la venue d'Omar el-Béchir au sommet de l'Union africaine et son départ de Pretoria sans être inquiété alors que le président soudanais est visé par un mandat d'arrêt pour génocide de la Cour pénale internationale, la rencontre de Jacob Zuma avec les diplomates étrangers visait aussi à clarifier la politique internationale de l'Afrique du Sud. Le président a laissé la porte ouverte à une nouvelle visite du président soudanais. Le président sud-africain a rappelé que le Soudan était un pays membre du forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC), qui doit tenir un sommet à Johannesburg en décembre. « Ainsi, a-t-il dit, il est attendu que le gouvernement soudanais participe » au sommet.