Guinée-Bissau: Obasanjo espère ramener le président Vaz à la raison

L'ex-président nigérian, Olusegun Obasanjo, ici lors de la Conférence sur la séurité en Afrique de Dakar en décembre 2014, est le médiateur de la Cédéao en Guinée-Bissau.
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Le médiateur de la Cédéao, le Nigérian Olusegun Obasanjo est arrivé ce mardi soir à Bissau, où il a rencontré le président José Mario Vaz, avec pour objectif de trouver une solution à la crise qui oppose le président et son parti, le PAIGC. Depuis le limogeage-surprise du Premier ministre Domingos Pereira par le président bissau-guinéen, la fragile stabilité du pays est menacée. La justice a désavoué le président Vaz, accusé d'outrepasser ses fonctions.

Olusegun Obasanjo n'a pas perdu de temps. A peine descendu de l'avion, mardi après-midi, il s'est rendu à la présidence bissau-guinéenne pour des entretiens avec le président José Mario Vaz. Le médiateur nigérian de la Cédéao avait en poche un plan en quatre points, concocté plus tôt dans la journée à Conakry sous l'égide du président guinéen Alpha Condé, qui s'est totalement investi dans la résolution de la crise.

Ce plan vise à permettre à chacun de sauver la face, tout en créant un climat de confiance jusqu'a la fin de la législature actuelle. Dans le détail, l'ex-Premier ministre et chef du PAIGC, Domingo Pereira, renoncerait à la possibilité de retrouver son fauteuil de Premier ministre, perdu suite à un décret présidentiel en date du 12 août dernier. Un renoncement qui se ferait à condition que le président respecte les textes et accepte sans réserve le nom que proposera le parti.

L'opposition menace de lancer une procédure de destitution

De plus, le président devrait s'engager à laisser le gouvernement accomplir sa tâche. En retour, celui-ci respectera scrupuleusement ses prérogatives. Le but de la manœuvre est d'instaurer la stabilité institutionnelle durant les trois années à venir.

Rien ne dit, cependant, que le président Vaz acceptera de jouer le jeu. Certains opposants en doutent ouvertement. Le chef de file du Parti de la convergence démocratique (PCD), Viktor Mandingo, a même menacé de lancer à son encontre une procédure de destitution à l'Assemblée nationale.