RDC: le président du Sénat s’inquiète d’un glissement des élections

Palais de la nation, à Kinshasa, Bureau du Chef de l'Etat en RDC.
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Jour de rentrée parlementaire en RDC où sénateurs et députés retournent à leurs institutions respectives. Un évènement observé de près par les Congolais alors que le sujet des élections et des retards pris dans son organisation est sur toutes les lèvres. Une préoccupation qui n’a pas échappé au Sénat. Son président, Léon Kengo Wa Dendo, a tenu à rappeler l’importance de ce rendez-vous démocratique dans son discours d’ouverture.

« Je tiens d’abord à réaffirmer en face de notre peuple la volonté non équivoque de tous les sénateurs d’aller au plus aux élections », a commencé le président du Sénat, Léon Kengo Wa Dendo. L’organisation des élections devrait donc figurer au cœur de cette session parlementaire même si la priorité est d’adopter le budget pour que le gouvernement puisse travailler en 2016.

Mais qui dit budget dit choix politique. C’est ce qu’a tenu à rappeler le président du Sénat ce matin. Léon Kengo Wa Dendo ne s’est pas privé de formuler un certain nombre de recommandations à l’intention du gouvernement et de la Commission électorale en ce jour de rentrée.

Rationaliser les futurs scrutins, voilà sa proposition. A savoir organiser en priorité les élections à délais constitutionnels à savoir la présidentielle, les législatives et les provinciales. Ces trois élections ne peuvent être décalées après 2016 selon la Constitution. En ce sens, le président du Sénat, lui-même membre de l’opposition républicaine, rejoint le point de vue de l’ensemble des partis d’opposition.

Manifestation contre le « glissement »

Pas sûr que la Commission électorale ni le Parlement ne le suivent sur ce point. Le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a plutôt encouragé ce mardi la tenue d’un dialogue politique avec toutes les composantes de la société comme le propose Joseph Kabila pour résoudre le problème de l’organisation des élections.

C’est aussi en cette journée de rentrée parlementaire qu’une vingtaine de partis d’opposition ont choisi pour mobiliser la population contre un glissement du calendrier électoral. Un peu plus d’un millier de militants, mais aussi de simples citoyens sont sur place. Des centaines de personnes portent des t-shirts « non au glissement » et c’est le mot qui revient le plus souvent dans la bouche des personnes venues manifester. Elles ne veulent pas qu’on décale la tenue de la présidentielle à après 2016. Novembre 2016 marque aussi la fin du deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila.