Nord du Cameroun: une situation dramatique pour les civils, selon Amnesty

Un soldat camerounais patrouille à Fotokol, après des affrontements entre l'armée camerounaise et Boko Haram, le 17 février 2015.
© AFP PHOTO / REINNIER KAZE

Amnesty International publie, ce mercredi, un rapport sur la lutte contre l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ex-Boko Haram), et ses conséquences dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, centré sur la période octobre 2014 - juillet 2015. Un rapport qui détaille les crimes de guerre et exactions commis par les jihadistes, mais qui met également en cause les forces de sécurité camerounaises, accusées de commettre, elles aussi, des crimes et violences contre les civils.

Ce ne sont pas les forces de sécurité, mais bien les civils qui sont les premières cibles des attaques de Boko Haram dans l'Extrême-Nord du Cameroun. Un ciblage systématique, selon Amnesty, que ce soit lors de raids contre des villages ou d'attentats-suicide dans des lieux publics, comme des bars ou des marchés.

Enlèvements, exécutions, pillages, recrutement d'enfants soldats... depuis janvier 2014, environ 81 000 habitants de l'Extrême-Nord ont fui leur maison par peur des exactions. Au cours des huit derniers mois, au moins 380 civils et des dizaines de membres des forces de sécurité ont été tués par les terroristes, plus de 1 000 enfants enlevés.

L’armée pointée du doigt

L'autre partie du rapport porte sur la réaction camerounaise, trop souvent excessive selon Amnesty. Les forces de sécurité sont accusées, lors d'opérations de ratissage, d'arrestations massives et arbitraires, d'homicides illégaux et de pillages, comme le 27 décembre 2014, dans les villages de Magdeme et Doublé. Selon l’ONG, au moins 200 arrestations ont alors eu lieu, huit personnes ont été tuées dont un enfant, 70 bâtiments ont été incendiés et des biens volés.

L’organisation dénonce ensuite le sort réservé aux personnes interpellées : au moins 25 civils arrêtés le 27 décembre sont morts en détention, 130 autres ont disparu. Dans une autre affaire, 84 enfants ont été incarcérés sans chef d'inculpation pendant six mois. Dans cette région, un grand nombre de civils sont victimes des deux parties, conclut Amnesty International.

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