RDC: Joseph Kabila fait le ménage dans la majorité présidentielle

Joseph Kabila est à la tête de la République démocratique du Congo depuis 2001 et la Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat.
© REUTERS/James Akena

Après l'exclusion mercredi matin par la majorité de sept partis frondeurs qui, dans une lettre, avaient appelé le président à respecter la Constitution et à organiser la présidentielle dans les temps, dans l’après-midi, c'est un membre du cabinet du chef de l'Etat et un ministre, également chefs de deux formations, qui ont été révoqués sur décision du président Kabila.

Pierre Lumbi, conseiller spécial en matière de sécurité et chef du Mouvement social pour le renouveau, était un poids lourd de la majorité. Tout comme Olivier Kamitatu, ministre du Plan et président d'une formation plus modeste, l'Alliance pour le renouveau du Congo. Ces deux ministres ont été démis de leur fonction. Deux ordonnances présidentielles lues à la télévision l'ont officialisé mercredi.

Une décision qui fait suite à une autre, prise plus tôt dans la journée : celle d'exclure de la coalition au pouvoir, la majorité présidentielle, sept formations politiques qui s'étaient inquiétées publiquement de la tentation du régime de ne pas respecter la Constitution et de ne pas organiser la présidentielle dans les délais en 2016. En clair que Joseph Kabila soit tenté de briguer un troisième mandat alors que la Constitution congolaise le lui interdit.

Les frondeurs ont « franchi la ligne rouge »

Pour Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement et membre de la majorité, le groupe des sept s’est auto-exclu de la majorité présidentielle. Ces partis, estime-t-il, ont « franchi la ligne rouge » en laissant entendre que Joseph Kabila ne respecterait pas la Constitution. Ils ont instrumentalisé « des peurs irrationnelles », alors que respecter la loi fondamentale « a toujours été une constante dans les actes du président », estime Lambert Mendé.

Du côté des frondeurs, c'est un autre son de cloche. On s'étonne qu'en appeler au respect da la Constitution puisse avoir de telles conséquences. Pour l'ex-ministre, Olivier Kamitatu, cela prouve « que le respect de la Constitution n'est pas la préoccupation de la majorité présidentielle ». Cette décision est donc, selon lui, la « marque d'un glissement vers un régime autoritaire ».

La principale conséquence dans l'immédiat de ces exclusions, c’est l'explosion de la majorité présidentielle.

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