Tchad: pour les victimes de Habré, un début de procès comme une victoire

Le 10 mars 1981, Hissène Habré, chef des Forces armés du Nord, assiste à une prise d’armes au poste de commandement de Ouadi Barrid dans le Biltine, à l’est du Tchad.
© (Photo : AFP )

Le procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré est entré dans sa deuxième semaine à Dakar, au Sénégal, où il a trouvé refuge depuis sa chute. Au Tchad, où se trouvent la plupart des victimes de son régime, les séances sont suivies de très près.

« La DDS [Direction de la documentation et de la sécurité] est dirigée continuellement par le président Hissène Habré. C’est pour cela qu’il n’a pas délégué son ministre de l’Intérieur pour s’occuper de la DDS ou un conseiller à la présidence de la République. Non. » Ce mardi au Sénégal, c’est encore Mahamat Hassan Abakar, le président de la Commission d’enquête sur les crimes du régime de Habré qui passe devant les Chambres africaines.

A Ndjamena, les victimes collées à l’écran ne ratent pas une minute de son exposé. Rien que l’évocation de certains massacres en face de l’ancien chef de l’Etat est déjà une consolation pour elles : « J’ai pleuré quand j’ai entendu le nom des villages Mataya, Abtouyour, Sara Kenga où mes parents ont été tués », explique l’une de ses victimes. « Le tribunal ne nous a pas oubliés. Chaque localité où nos parents ont été tués a été citée. Nous étions attristés, mais là, ça va mieux », confirme une autre à ses côtés.

Après les pleurs, c’est donc pour beaucoup un début de consolation : « On a pleuré et maintenant on est en train de sourire. Le fait que ça remonte déjà... Je suis très content parce que quand ça commence, ça finit. Cela ne peut plus s’arrêter maintenant. »