Mort de Thomas Sankara: sa veuve inquiète pour la suite de l'enquête

La veuve du président assassiné, Mariam Sankara, sur le site de l'Assemblée nationale prise d'assaut lors de l'insurrection populaire du 30 octobre dernier.
© RFI/Yaya Boudani

Les résultats de l’autopsie des restes présumés de Thomas Sankara devaient être dévoilés ce jeudi 17 septembre. L'enquête sur l'assassinat de l'ancien président burkinabè avait été relancée par le régime de transition. Le général Gilbert Diendéré, leader des militaires auteurs du putsch de ce jeudi, est cité dans cette affaire. Mariam Sankara, sa veuve, craint pour l'avenir de la procédure.  

Les avocats des plaignants dans l’affaire Sankara devaient prendre connaissance des rapports d’expertise balistique et d’autopsie du corps présumé de l’ex-président, ce jeudi matin. Ils avaient été officiellement convoqués par le juge d’instruction en charge de l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze camarades, le 15 octobre 1987 à Ouagadougou.

La veuve de Thomas Sankara était elle aussi convoquée. Ces résultats étaient attendus depuis l’exhumation fin mai des restes présumés de l’ex-président et de ses proches par des experts à Ouagadougou. Rentrée au Burkina Faso à la faveur de la révolution d’octobre 2014, elle espérait beaucoup de la transition pour faire toute la lumière sur la mort de son mari. Mais le coup d'Etat lui fait craindre pour l'avenir de la procédure. « On était avancé, déplore Mariam Sankara. Il y a eu les enquêtes. Je ne sais pas quelle sera la suite maintenant du dossier. Espérons que la transition va pouvoir reprendre son cours et que les dossiers qui sont en suspens continueront. » 

Des soupçons sur l'implication du général Diendéré

Le général Gilbert Diendéré, à la tête des militaires du Conseil national pour la démocratie (CND) qui ont renversé la transition ce jeudi, est soupçonné d’être impliqué dans cet assassinat. « Diendéré a été cité plusieurs fois dans des témoignages, rappelle Mariam Sankara. Il était à ce moment là responsable de la sécurité. Il semble impliqué. (…) Il était responsable des militaires qui ont été cités dans cette affaire. Si jamais c’est lui qui reste au pouvoir, je m’inquiète. »

En 1987, le général Diendéré dirigeait le Régiment de sécurité présidentielle, l’unité d’élite de l’armée burkinabè. C’est lui, le 15 octobre de cette année-là, qui a supervisé l’arrestation de Thomas Sankara.

L’enquête sur l’assassinat du premier président du Burkina Faso avait été relancée par le gouvernement de transition après l’insurrection populaire d’octobre 2014 et la chute du président Blaise Compaoré. Les premiers résultats de l'enquête devaient donc être connus ce jeudi, jour où le général Diendéré a annoncé la dissolution du gouvernement de transition. « C’est une coïncidence, ne peut que constater Mariam Sankara. Nous devions avoir les résultats [de l’autopsie], et il y a eu ce coup… Il y a beaucoup de coïncidences dans cette situation. C’est pas facile quand même à expliquer. »