RDC: exclus de la majorité, les frondeurs créent une plateforme

Le président congolais, Joseph Kabila, est au pouvoir depuis 2001.
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Après l’exclusion mercredi de la majorité présidentielle du G7, ce groupe de sept partis frondeurs qui, dans une lettre, avaient appelé le président Kabila à respecter la Constitution, et la révocation d'un de ses ministres et d'un membre de son cabinet, jeudi, c'est cette fois Charles Mwando Simba qui a démissionné de son poste de premier vice-président de l'Assemblée nationale. Les frondeurs ont annoncé la création d’une plateforme qui défendra la Constitution.

Sept partis congolais qui soutenaient jusqu'à présent le président Joseph Kabila ont annoncé jeudi la création d'une nouvelle plateforme politique à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle. Le groupe, surnommé G7, « est dorénavant une plateforme politique », a déclaré lors d'une conférence de presse Charles Mwando Nsimba. « La plateforme du G7 va définir ses objectifs, les définir clairement dans un pacte précis que nous aurons à signer ensemble », explique Charles Mwando Nsimba, qui a déposé jeudi sa démission en tant que premier vice-président de l'Assemblée nationale.

« Je donne ma démission, mais pas en tant que député, précise Charles Mwando Nsimba. Je suis élu au suffrage universel, je ne peux pas rompre le contrat avec mes électeurs. Par contre, j’ai démissionné de mes fonctions de premier-vice président de l’Assemblée, parce que ce sont des fonctions qui m’ont été conférées par l’élection par la majorité présidentielle. Or, n’étant plus de la majorité présidentielle, il est tout à fait normal que je ne joue pas le jeu. (...) Je pense que d’autres membres [de mon parti] vont m’emboiter le pas pour suivre la ligne du G7. »

Lundi, le G7 avait adressé à Joseph Kabila une lettre ouverte demandant au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2001, de respecter la Constitution qui l'empêche de briguer un troisième mandat en novembre 2016.

Mercredi, le président congolais avait révoqué Olivier Kamitatu de son poste de ministre du Plan, ainsi qu'un autre chef du G7, Pierre Lumbi, de ses fonctions de conseiller spécial en matière de sécurité.