Mali: les ex-rebelles de la CMA affirment être de retour à Anéfis

Des soldats de la Minusma en patrouille à Kidal, en juillet 2015.
© REUTERS/Adama Diarra

La localité d’Anéfis, dans la région de Kidal, avait été prise fin août par les groupes pro-Bamako de la Plateforme, en violation de l’accord de paix signé en juin dernier. Un long bras de fer s’en était suivi avec la médiation internationale. Le président malien IBK avait dû s’impliquer personnellement dans l’affaire. La CMA a donc annoncé avoir réinvesti la localité vendredi dans la matinée.

« Nous sommes à Anéfis et nous sommes autour d’Anéfis », affirme un porte-parole des ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Mais il refuse cependant de donner le nombre d’hommes et de véhicules qui sont rentrés dans la ville.

Ce vendredi, il n'y a pas eu de combat entre la CMA et les groupes d'autodéfense de la Plateforme. Mais plutôt une course-poursuite où un groupe évité l'autre. Déployant leur stratégie, les rebelles de la CMA ont d'abord commencé à renforcer les positions qu'ils occupaient dans les localités de Tessalit et d'Aguelhoc, dans la région de Kidal. Ensuite, ils ont pris la direction de la localité d'Anéfis. Là, ils n'ont apparemment rencontré aucune résistance, les casques bleus de la Minusma n'ont pas bougé.

La mission des Nations unies au Mali (Minusma), pourtant présente à Anéfis, explique ne pas être en mesure de confirmer, ni d’infirmer, cette annonce. Les groupes pro-Bamako de la Plateforme qui ont quitté Anéfis non plus.

Ce scénario est en tout cas celui qui était prôné par la médiation internationale, laquelle avait demandé pendant trois semaines le retrait des combattants de la Plateforme, et le retour aux positions occupées par chacun des groupes armés au moment de la signature de l’accord de paix.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta lui-même s’était impliqué personnellement pour ordonner ce retrait. Les groupes loyalistes de la Plateforme s’étaient donc résignés à quitter la ville, tout en continuant de demander que la CMA n’y revienne pas. Ils n’ont donc pas été entendus. Une centaine de casques bleus sont positionnés à Anéfis depuis plusieurs semaines pour assurer la sécurité des habitants.

La médiation internationale et la Minusma ont commencé par faire des va-et-vient entre responsables des groupes rivaux pour que la situation ne se dégrade pas davantage.