Burkina Faso: la France a durci le ton face aux putschistes

Michel Kafando (g) et François Hollande (d) lors du sommet de la Francophonie à Dakar, fin 2014.
© POOL AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

Dans un long communiqué rendu public lundi 21 septembre, l'Elysée a évoqué, et c'était alors nouveau, des menaces et des sanctions contre ceux qui s'opposeraient à la tenue d'élections régulières. François Hollande a appelé toutes les forces impliquées dans le putsch à déposer les armes, sans quoi elles devraient selon lui assumer les conséquences de leurs actes.

À cette menace s'ajoute la suspension de la coopération civile financière et militaire avec le Burkina Faso. Une panoplie d'annonces qui ne figuraient pas dans le premier communiqué de jeudi, beaucoup plus laconique. On peut se demander pourquoi cette pression sur les putschistes ces dernières heures ? A-t-on compris à Paris que la situation pourrait basculer plus vite que prévu avec le mouvement des troupes régulières sur Ouagadougou ?

La France n'est pas médiatrice dans la crise, il faut le rappeler. Mais ce qui est sûr, c'est qu'elle suit de près ce qu'il se passe au Burkina Faso. Ces jours-ci, l'ambassadeur de France s'exprime lui-même sur Twitter. Il multiplie les appels au dialogue. Et rappelle que la France n'est que dans le camp de la paix.

Soutenir la transition

On sait que pour Paris, le processus démocratique au Burkina Faso, c'est important. Plus qu'ailleurs semble-t-il. Déjà, il y a un an, lorsque Blaise Compaoré avait tenté de passer en force en changeant la Constitution, François Hollande lui avait écrit pour le pousser à renoncer à son projet, afin qu'il montre l'exemple.

En accueillant lundi soir le président Kafando dans la résidence de France à Ouagadougou, Paris a réaffirmé sa volonté de soutenir la transition en cours depuis un an. La France a apporté tout aussi clairement, le même jour, son soutien à la médiation de la Cédéao. 

Tweet de l'ambassadeur de France à Ouagadougou, le lundi 21 septembre 2015.

Sur l'inclusivité de ces élections, soyons honnêtes, il était évident qu'à un moment donné, il y aurait des débats. Moi, j'ai eu ces débats avec le Balai citoyen, en les mettant un peu en garde sur ce qui allait pouvoir être provoqué à travers un certain nombre de décisions. Mais les décisions qui allaient être prises étaient entièrement respectées par la France, on n'a pas à faire de l'ingérence.
Annick Girardin, ministre française du Développement, était l'invitée de Mardi politique sur RFI
23-09-2015 - Par RFI