RDC: la majorité présidentielle veut afficher son unité

Joseph Kabila, le 3 février 2015.
© AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

En République démocratique du Congo, après l'implosion de la majorité présidentielle, la semaine dernière, il s'agit de faire bloc. Après l'intense agitation politique provoquée par le départ de sept partis frondeurs de la majorité disant vouloir défendre une alternance du pouvoir en 2016, la coalition au pouvoir justement ressert ses rangs. Dimanche, tous les députés de la majorité présidentielle se sont donc retrouvés dans un hôtel de la capitale.

L'idée de la réunion de dimanche 20 septembre était que les députés renouvellent leur confiance au président Joseph Kabila et à la majorité présidentielle. Quelque 315 députés ont répondu à l'appel. Tous ont signé une lettre dans laquelle ils confirment leur soutien au chef de l'Etat. Résultat pour le chef du groupe parlementaire du PPRD, Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, Ramazani Shadari : l'objectif est atteint. La majorité est restée « intacte ».

L'initiative des frondeurs est un « coup d'épée dans l'eau ». Pour preuve selon lui, quatre partis au moins parmi les sept qui ont claqué la porte ont perdu des députés ayant préféré le camp de la majorité présidentielle.

Dans les rangs du G7 qui a fait scission, c'est évidemment un autre son de cloche.
Pour l'exemple, on cite deux nouvelles démissions lundi 21 septembre. Celle du ministre des Finances du gouvernement provincial du Katanga, tout comme celui de l'Intérieur pour cette même province. Des démissions malgré des « pressions très fortes pour que d'autres dissidents n'emboîtent pas le pas », estime un observateur sous couvert d'anonymat.

Du côté des diplomates occidentaux, on estime que cette « crise ne va pas s'arrêter là », et qu'une « recomposition du champ politique » est en cours. Quelle forme va-t-elle prendre ? Les regards se tournent désormais vers le Katanga, et l'ex-gouverneur Moïse Katumbi, pressenti comme un candidat potentiel à la présidentielle mais muré dans le silence. Le président du club de foot katangais a finalement créé un compte Twitter. Résultat : cinq tweets et plus de 1 700 abonnés et pourtant toujours aucun positionnement par rapport à cette crise de la majorité présidentielle.