Sommet de la Cédéao à Abuja: le Burkina, seul point à l'ordre du jour

Le général putschiste burkinabè Gilbert Diendéré (D) et le président de la Cédéao, Macky Sall (G), à Ouagadougou le 18 septembre.
© AFP PHOTO / AHMED AUOBA

Le chef des putschistes au Burkina Faso, le général Gilbert Diendéré, a déclaré mardi qu'il s'en remettrait aux conclusions de la médiation régionale qui doit se réunir à Abuja, au Nigeria, ce mardi. C'est là que se tient le sommet de la Cédéao, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest, qui discute du projet de sortie de crise trouvé ce weekend.

De nos envoyés spéciaux à Abuja

Les visages sont graves à Abuja, la capitale nigériane. Aucun sourire ou petit signe habituel n'a accompagné la traditionnelle photo de famille des présidents. Les chefs d'Etat béninois, Thomas Boni Yayi, nigérien, Mahamadou Issoufou, Ivoirien, Alassane Ouattara, nigérian, Muhammadu Buhari et sénégalais, Macky Sall, se sont réunis à huis clos. La réunion pourrait durer plusieurs heures, car c'est la situation à Ouagadougou qui va donner le tempo de ce sommet.

En ouverture, le président en exercice de la Cédéao, Macky Sall, s'est exprimé. Le chef de l'Etat sénégalais a rappelé qu'il était ici pour soumettre le protocole d'accord, arraché dimanche soir après trois jours de négociations avec le chef de la junte, le général Diendéré. « Le pouvoir militaire doit être soumis au pouvoir civil », a annoncé le président Sall. « J'ai vu, de mes propres yeux des civils battre des civils » a t-il encore ajouter afin de souligner l'urgence de la situation.

Amnistie des putschistes

Néanmoins, le statu quo semble envisagé sur les points qui fâchent, à savoir le retour dans le jeu politique des exclus, ceux de la majorité de l'ancien chef d'Etat burkinabè Blaise Compaoré. Macky Sall a également évoqué l'amnistie des putschistes, clairement rejetée à Ouagadougou. « Il est nécessaire de pardonner et de repartir sur de nouvelles bases », a dit le chef de l'Etat sénégalais.

A voir si les autres chefs d'Etat présents à Abuja sont sur la même longueur d'onde. « Vu la situation, c'est maintenant au peuple burkinabè de décider de son avenir », a déclaré l'entourage de l'un des chefs d'Etat, présent à Abuja.