Burkina Faso: un Conseil des ministres de reprise

Le Premier ministre burkinabè Isaac Zida (d) à sa sortie du premier Conseil des ministres post-coup d'Etat. Ouagadougou, le 25 septembre 2015.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Au Burkina Faso, le Conseil des ministres qui avait été interrompu la semaine dernière par une tentative de coup d'Etat s'est à nouveau réuni ce vendredi. C'est donc un retour à la normale, le symbole de la reprise en main des affaires du pays par les autorités de transition. Même si le Premier ministre Isaac Zida a annoncé que le couvre-feu allait être prolongé de deux à trois jours.

Des applaudissements nourris des ministres à l’adresse du président Kafando et du Premier Zida ont marqué la reprise du processus démocratique. Ils ont été suivis aussitôt d'une minute de silence. Une minute en hommage à la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie le refus du putsch tenté par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP). C’est ainsi qu’a débuté ce Conseil dont le Premier ministre a ensuite fait un compte-rendu rapide sur le perron de la primature.

Dans son boubou bleu marine et blanc, Isaac Zida explique que le gouvernement a fait un point sur la situation du pays et sur les moyens nécessaires afin de retrouver une situation normale et remettre en marche l'appareil de l’Etat. Cela passe par un retour au fonctionnement des administrations, le paiement des salaires des fonctionnaires et une rencontre avec les syndicats pour que le mot d’ordre de grève générale soit levé dans les prochaines heures. Toujours selon le chef du gouvernement, le couvre-feu est maintenu encore deux ou trois jours afin que les autorités militaires puissent poursuivre la sécurisation du territoire

La question du RSP s’est bien évidemment posée pour l’ex-lieutenant colonel du régiment de sécurité présidentiel. Pour lui il n'y a aucun doute : le corps d‘élite doit être dissous et désarmé et cela devrait se faire incessamment.

Enfin, concernant les exactions qui ont eu lieu durant le putsch, une commission d’enquête sera mise en place. Ceux qui auront à répondre devant la justice répondront devant la justice, ceux qui n’ont rien à se reprocher pourront poursuivre leur carrière militaire normalement, a conclu le Premier ministre Zida.