RDC: des casques bleus sud-africains accusés d’indiscipline rapatriés

Une patrouille de casques bleus de la Monusco dans le Nord Kivu, dans l'est en RDC, le 9 avril 2015.
© Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

Une cinquantaine de casques bleus sud-africains pourraient faire face à une cour martiale. Les soldats participent à une mission de maintien de la paix de l’ONU dans l’est de la RDC (Monusco). Ils auraient violé un couvre-feu pour se rendre dans un bar ou se trouvaient des prostituées. Depuis plusieurs scandales d'abus sexuel impliquant des adolescentes, l'ONU interdit à ses soldats d'avoir des relations sexuelles avec des résidents congolais.

L’armée sud-africaine reste discrète sur l’incident. Les cinquante soldats appartiennent au 121e bataillon d’infanterie, basé à Goma, dans l’est de la RDC. Ils sont accusés d’indiscipline et devraient être rapatriés dans les jours qui viennent.

Une enquête est en cours, précise le porte-parole de l’armée, le brigadier général Xolani Mabanga, ajoutant simplement que les casques bleus ont violé le couvre-feu. « Pendant le couvre-feu, ils n’étaient pas sur la base militaire, ce qui est une violation du couvre-feu, explique-t-il. Et c’est aussi une menace pour la sécurité car vous mettez en danger la vie des soldats qui sont restés sur la base militaire, car on ne savait pas où ils étaient. »

D’après d’autres sources, notamment le principal syndicat de l’armée, Sandu, les soldats se trouvaient dans un bar fréquenté par des prostituées. Il y a deux ans, quinze soldats sud-africains en poste en RDC avaient été reconnus coupables de viol et d’abus sexuel.

La prudence de mise

Le syndicat Sandu s’est félicité de la fermeté de l’armée sud-africaine. « Evidemment, l’armée doit discipliner ses troupes quand il y a des transgressions qui ont été commises, indique Pikkie Greeff, le secrétaire national du Sandu. Si les transgressions présumées ont compromis les opérations de ces troupes ou autres, alors il est normal que la cour martiale intervienne. Le manque de discipline ne peut être toléré et doit être sanctionné de façon appropriée. »

Mais le leader du syndicat temporise aussi. Près de 1 400 soldats sud-africains sont actuellement déployés en RDC au sein de la brigade d'intervention de l'ONU. « Ces incidents sont minoritaires au vu du nombre de soldats présents dans le pays, souligne Pikkie Greeff. Je pense également qu’il faut faire attention. Dans le passé, l’armée sud-africaine a rapatrié des soldats, alors qu’il n’y avait pas de preuves tangibles de leur culpabilité. De plus, il faut se rappeler que ce n’est pas un problème fréquent. C’est peut-être impressionnant de dire que 50 soldats vont être rapatriés, mais encore faut-il prouver qu’ils sont coupables. »

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